Depuis juin, des groupes armés djihadistes ont pris position à Béléko dans le sud du Mali, allant jusqu’à imposer la zakat dans plusieurs villages. À Gueguena Flala, où vivent de nombreux chrétiens, la menace est claire. Les imams des villages de Koutoula Ntia, Bongoro ou encore Bougoula ont été sommés par des djihadistes de prélever la zakat de leurs communautés respectives.
Cette demande à exécuter sous peine de représailles, inquiète cet habitant qui n’a pas souhaité s’exprimer à visage découvert. Il interpelle les autorités de la transition.
« Ils veulent nous contraindre à nous convertir à l’islam ou à payer une somme équivalente à quatre millions de Franc cfa. C’est la condition posée par les djihadistes pour qu’on continue à faire nos messes. Le dimanche 23 novembre dernier, il n’y a pas eu de culte au niveau de notre église. C’est une situation qui nous préoccupe énormément. Nous demandons à nos autorités de nous venir en aide. La dernière fois que les djihadistes sont venus nous voir, c’était le vendredi 21 novembre. »
Banditisme
Mais pour Mohamed Mamata Touré, président de An Ko Mali, une organisation de l’ex société civile malienne, les agissements des groupes armés qui revendiquent le djihad islamique ne sauraient prospérer, encore moins, créer des tensions entre chrétiens et musulmans :
Malgré nos tentatives, nous n’avons pas pu entrer en contact avec les autorités régionales et notamment le gouvernorat de Dioila et la préfecture de cercle de Béléko où la peur est devenue quotidienne pour les habitants.
