L’Afrique attend un financement réel de la part du Fonds mondial pour les pertes et préjudices, destiné à aider les pays à faire face aux destructions liées au climat.
Ce fonds a été conçu pour aider les pays en développement à se remettre des impacts dévastateurs du changement climatique — des impacts que de nombreuses économies africaines peinent déjà à absorber.
S’exprimant dans l’émission Business Africa, Ibrahima Cheikh Diong, directeur exécutif du Fonds pour la réponse aux pertes et préjudices, a déclaré que des progrès sont réalisés dans la mise en place de l’institution, mais que des questions clés subsistent concernant le financement et la mise en œuvre.
L’Afrique fait partie des régions les plus exposées aux chocs climatiques — des sécheresses dans la Corne de l’Afrique aux inondations en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale. Ces catastrophes détruisent souvent routes, ponts et cultures, affaiblissant la croissance économique et menaçant la sécurité alimentaire.
Un développement majeur dans l’opérationnalisation du fonds a été l’adoption des Modalités de mise en œuvre de la Barbade, qui définissent le fonctionnement du mécanisme de financement et la manière dont les pays touchés pourront accéder au soutien.
Pour de nombreuses économies africaines déjà confrontées à des pressions liées à la dette et à des défis de développement, le succès de ce fonds pourrait déterminer l’efficacité avec laquelle les gouvernements répondront aux catastrophes climatiques dans les années à venir.
Les tensions mondiales se répercutent sur les marchés africains
Au-delà des risques climatiques, les tensions géopolitiques mondiales affectent également les économies africaines.
Les tensions autour du détroit d’Ormuz, l’un des corridors de transit pétrolier les plus critiques au monde, ont périodiquement fait grimper les prix mondiaux du pétrole brut.
Pour des économies dépendantes des importations comme le Ghana et la Zambie, la hausse des prix du pétrole peut rapidement se traduire par une augmentation du coût du carburant, des tarifs de transport et des prix alimentaires sur les marchés locaux.
Comme les prix du carburant influencent le coût du transport et de la logistique, les hausses sur les marchés pétroliers mondiaux se répercutent souvent dans les chaînes d’approvisionnement, affectant finalement le prix des biens de consommation courante à travers le continent.
La Namibie se prépare à formaliser son secteur informel
La Namibie prépare un changement majeur dans sa politique économique. Le secteur informel du pays emploie plus de la moitié de la main-d’œuvre nationale et contribue de manière significative à l’activité économique. Pourtant, des millions de travailleurs restent en dehors du système fiscal formel et ne bénéficient d’aucune protection sociale.
Le gouvernement prévoit désormais de commencer à formaliser ce secteur en 2026, une initiative visant à accroître les recettes fiscales tout en améliorant l’accès aux services financiers et aux filets de sécurité sociale.
Cependant, la transition pourrait ne pas être simple. Pour de nombreux petits commerçants et entrepreneurs, entrer dans l’économie formelle pourrait signifier de nouvelles exigences réglementaires, des impôts et des coûts de conformité — ce qui soulève des inquiétudes quant à l’impact de cette réforme sur les moyens de subsistance.
Alors que les économies africaines doivent faire face aux pressions climatiques, à la volatilité des marchés mondiaux et aux réformes structurelles internes, les décideurs politiques subissent une pression croissante pour trouver un équilibre entre résilience, croissance et protection sociale.
