De nouvelles projections coréennes relayées par le média espagnol spécialisé Defensa.com placent le Maroc parmi les pays susceptibles de lancer d’importants programmes navals dans les prochaines années. Rabat y est cité pour une potentielle acquisition de trois sous-marins et de deux patrouilleurs maritimes, sans qu’aucune annonce officielle n’ait été faite à ce stade.
Le Maroc figure dans de nouvelles projections internationales sur les marchés de défense naval. Selon Defensa.com, qui cite un document d’analyse publié par Mirae Asset Securities Co., filiale du groupe financier coréen Mirae Asset Financial Group, le Royaume étudierait l’acquisition de trois sous-marins à l’horizon 2027.
Le document, consacré aux perspectives mondiales des programmes militaires entre 2026 et 2030, mentionne également l’achat potentiel de deux navires de patrouille maritime. L’ensemble s’inscrirait dans une stratégie plus large de modernisation de la Marine royale et de diversification de ses partenaires industriels.
Selon les éléments relayés par le média espagnol, les discussions avec la Corée auraient pris de l’ampleur après une visite ministérielle marocaine à Seoul au printemps 2025. Les échanges ne porteraient plus uniquement sur les volets terrestres et de défense aérienne, notamment autour du char K2 Black Panther et du système Cheongung II, mais s’étendraient désormais au secteur naval.
Sur le segment des sous-marins, deux options concentreraient particulièrement l’attention. D’un côté, le coréen KSS-III, porté par Hanwha Ocean, mis en avant pour ses délais de production plus rapides et ses coûts plus compétitifs face aux offres européennes. De l’autre, le français Scorpène-class submarine, développé par Naval Group, régulièrement cité parmi les options disponibles sur le marché export.
À ce stade, aucun contrat n’a encore été conclu, y compris pour d’autres pays mentionnés dans le document, comme l’Égypte ou l’Arabie saoudite, également engagés dans des réflexions similaires sur leurs capacités sous-marines.
Le signal le plus concret de cette montée en intérêt reste toutefois opérationnel. Entre le 15 et le 21 avril 2026, des officiers marocains ont participé en tant qu’observateurs à l’exercice turc Kurtaran-2026, centré sur les opérations de sauvetage de sous-marins en situation d’urgence. Les équipes présentes ont suivi plusieurs simulations liées à la perte de flottabilité, au soutien vital des équipages et aux procédures d’évacuation.
Parallèlement, Defensa.com évoque également des perspectives de coopération avec HD Hyundai pour des navires de surface, avec en toile de fond de possibles partenariats liés à la maintenance navale à Casablanca.
Cette projection intervient alors que l’industrie navale militaire coréenne gagne rapidement du terrain sur le marché mondial. Longtemps dominé par les groupes européens et américains, ce segment voit désormais monter en puissance des acteurs comme Hanwha Ocean et HD Hyundai Heavy Industries, qui multiplient les contrats à l’export en Asie, au Moyen-Orient et en Europe de l’Est. Leur principal argument : des délais de livraison plus courts, des coûts généralement plus compétitifs et une capacité industrielle éprouvée.
