Le dossier ASER-AEE Power franchit un nouveau cap judiciaire. Après 15 mois de bras de fer, la gendarmerie s’est invitée dans l’affaire et le DG de l’ASER, Jean-Michel Sène, annonce l’heure des preuves.
Le litige porte sur un marché d’électrification rurale de 91,833 milliards FCFA pour 928 localités dans 5 régions. Problème : 37 milliards FCFA d’avance de démarrage ont été débloqués dès mars 2024, avant la présidentielle, via la banque espagnole Santander, au profit d’AEE Power EPC. AEE Power Sénégal, société de droit sénégalais qui revendique l’offre spontanée et 60% des parts, accuse AEE Power EPC Espagne de bloquer les fonds et de résilier abusivement leur contrat. L’ASER, elle, a renégocié directement avec l’Espagnol.
Jean-Michel Sène avait dénoncé l’usage de « faux documents » par AEE Power Sénégal. La Division des investigations criminelles (DIC) a arrêté A. Guèye, agent au Centre des services fiscaux de Dakar-Liberté.
La DGID a confirmé qu’il s’agit d’un faux, tout comme une autre attestation frauduleuse. L’Agent judiciaire de l’État a déposé plainte pour détournement de deniers publics et faux en écritures publiques. 149dfd08
Le 21 janvier, la Cour suprême a annulé la décision de l’ARCOP qui condamnait l’ASER au profit d’AEE Power. « Après 15 longs mois de désinformation, de manipulation et de bataille judiciaire […], le dossier est désormais vidé », a réagi Jean-Michel Sène. Pour lui, « s’ouvre maintenant le temps de la vérité ». Il promet « très prochainement » une conférence de presse pour « revenir en détails sur ce dossier, d’en exposer les faits, et le modus operandi mis en place pour tenter de s’enrichir sur le dos des Sénégalais ».
Nommé après la Rupture, Jean-Michel Sène démontre, documents bancaires à l’appui, que les décaissements majeurs de 37 milliards ont eu lieu avant le scrutin de mars 2024. Il dit avoir suspendu lui-même les décaissements dès son arrivée et demandé un audit complet.
Le député Thierno Alassane Sall accuse l’ASER d’avoir validé des garanties Sonac irrégulières : les primes n’auraient pas été payées à l’émission, en violation de l’article 13 du Code CIMA. Jean-Michel Sène rétorque qu’il n’y a « aucun article qui peut prouver que le marché est violé » et que les garanties SONAC sont conformes.
Avec l’arrestation à la DIC, la plainte de l’AJE et la décision de la Cour suprême, le volet pénal s’ouvre pendant que le volet politique continue. Jean-Michel Sène veut apporter les preuves de ce qu’il appelle un « modus operandi » déjà vu dans d’autres projets. AEE Power Sénégal, de son côté, a envoyé une sommation interpellative au DG de l’ASER pour diffamation.
