De l’offensive éclair du MNLA en janvier 2012 à la reprise de Kidal par l’armée malienne en novembre 2023, le Mali vit une guerre sans fin. Rébellions touareg, coalitions jihadistes, coups d’État, interventions étrangères : chronologie d’un conflit qui a fait basculer tout le Sahel.
2012 : La cinquième rébellion touarègue fait exploser le Mali
17 janvier 2012 : Le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) attaque Ménaka. Début de la 5e rébellion touarègue depuis 1963.
Le MNLA est vite rejoint par Ansar Dine, AQMI et le MUJAO. Objectif commun à court terme : chasser l’armée malienne du Nord.
Janvier-mars 2012 : Les rebelles prennent Aguelhok, Tessalit, Tinzawaten. À Aguelhok, des dizaines de soldats maliens sont massacrés. Une commission accusera AQMI d’avoir participé aux tueries aux côtés du MNLA. 06035bc5
22 mars 2012: Coup d’État à Bamako. Des « bérets verts » renversent le président Amadou Toumani Touré, accusé d’« incompétence » face à la rébellion. Le pays est décapité.
Fin mars-début avril 2012: Profitant du chaos, les rebelles s’emparent de Kidal, Gao et Tombouctou. Le 6 avril 2012, le MNLA proclame l’indépendance de l’Azawad.
2012 : Rupture MNLA-Jihadistes et charia dans le Nord
Juin 2012: L’alliance vole en éclats. AQMI, le MUJAO et Ansar Dine veulent imposer la charia. Le MNLA refuse. Bataille de Gao le 27 juin : le MNLA est chassé de la ville par le MUJAO appuyé par Boko Haram.
Été-automne 2012 : Les jihadistes prennent le contrôle total de l’Azawad. Kidal et Tombouctou passent sous Ansar Dine, Gao sous le MUJAO. Lapidations, amputations, destruction des mausolées de Tombouctou classés à l’Unesco.
Novembre 2012 : Le MNLA tente de reprendre Gao et Ménaka mais échoue face au MUJAO et à AQMI. Fin 2012, « toutes les zones urbaines sont tombées aux mains des islamistes ».
2013 : Serval, MISMA et retour de l’État
Janvier 2013 : Les jihadistes lancent une offensive vers le sud, sur Konna, à 600 km de Bamako.
11 janvier 2013 : La France déclenche l’opération _Serval_. En 3 semaines, Paris, les Tchadiens et l’armée malienne reprennent Gao, Tombouctou, puis l’aéroport de Kidal.
2013 : Déploiement de la MISMA africaine, puis de la MINUSMA de l’ONU. Accord de Ouagadougou:en juin : cessez-le-feu entre Bamako et les groupes armés du Nord.
2014-2015 : Kidal échappe encore à Bamako, puis l’Accord d’Alger
Mai 2014: Reprise des combats. Après une visite du Premier ministre Moussa Mara, les rebelles CMA — MNLA, HCUA, MAA — infligent une défaite cinglante à l’armée malienne à Kidal. L’armée se retire de toute la région de Kidal.
1er août 2014 : _Serval_ devient _Barkhane_, force régionale de 4 500 hommes.
20 juin 2015: Signature de l’Accord d’Alger pour la paix et la réconciliation. La CMA et la Plateforme pro-Bamako s’engagent. Sur le papier, la rébellion touarègue prend fin. 0603
2015-2020 : Le Centre s’embrase, les jihadistes se fédèrent
2015: Le prédicateur peul Amadou Koufa lance la katiba Macina. Le conflit déborde dans le centre : Mopti, Ségou.
Mars 2017 : Naissance du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM)*. Iyad Ag Ghaly (Ansar Dine), AQMI Sahara, Al-Mourabitoune et la katiba Macina fusionnent sous Al-Qaïda.
2015-2020 : Attaques à Bamako : bar-restaurant La Terrasse, hôtel Radisson Blu, camp de Kangaba. _Barkhane_ et la MINUSMA sont visées à Tombouctou, Gao, Kidal. L’état d’urgence devient permanent. 0603
2020-2023 : Coups d’État, rupture avec la France, retour de Wagner
Août 2020 et Mai 2021 : Deux coups d’État. Les colonels prennent le pouvoir et se rapprochent de la Russie.
2022 : Fin de _Barkhane_. Arrivée des paramilitaires russes de Wagner. Décembre 2023 : La MINUSMA plie bagage après 10 ans. 7936
2023 : Reprise de la guerre au Nord. La CMA dénonce l’Accord d’Alger. L’armée malienne et Wagner lancent une offensive. 14 novembre 2023 : Kidal, tenue par les rebelles depuis 2012, est reprise par les FAMa.
2024-2025 : Le conflit s’étend, Tinzawaten et Tinzawaten encore
Juillet 2024 : Bataille de Tinzawaten. La CMA et le JNIM infligent une lourde défaite aux FAMa et à Wagner près de la frontière algérienne. Des dizaines de morts.
2025 : Le JNIM bloque Tombouctou et multiplie les attaques. Le Centre reste l’épicentre : Nampalari, Macina, Dogon. L’État islamique au Grand Sahara (EIGS) dispute le Gourma au JNIM. dacc
Bilan en 13 ans:
– +10 000 morts militaires et civils selon l’ONU.
– 400 000 déplacés internes, 2,5 millions de personnes en insécurité alimentaire.
– Le Nord sous contrôle relatif de Bamako, le Centre miné par les violences intercommunautaires, le JNIM et l’EIGS actifs du Sénégal au Niger.
