La catastrophe nucléaire de Tchernobyl a bouleversé à jamais la vie de millions de personnes.
Galina Bozhko habitait à Kiev, à 140 kilomètres de Tchernobyl. Elle raconte que ce jour-là « les enfants jouaient, le soleil brillait, et nous venions d’apprendre qu’un incendie s’était déclaré quelque part près de Tchernobyl, qui n’est pas loin d’ici ».
Le 26 avril 1986, au cours d’un test de sécurité nocturne dans le réacteur numéro 4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl, les opérateurs ont commis une erreur. L’explosion qui a suivi a provoqué une fusion complète du réacteur.
Matières radioactives
Des matières radioactives ont été projetées à des kilomètres dans les airs.
Il a fallu 48 heures avant que la nouvelle d’un « accident » – on n’a pas parlé tout de suite de catastrophe – ne soit rapportée dans l’ex-Union soviétique.
Des dizaines de milliers de personnes ont été évacuées de la région, pour ne jamais retourner chez elles.
La contamination due à Tchernobyl était environ 900 fois plus importante que celle causée par la bombe atomique d’Hiroshima.
Des matières radioactives se sont répandues dans le reste de l’actuelle Ukraine, de l’actuelle Biélorussie et de la Russie.
D’après l’Onu, une trentaine de personnes sont mortes immédiatement après l’accident. Toujours selon l’Onu, plus de huit millions de personnes ont été exposées aux radiations dans ces pays. Dans les régions où les précipitations ont été abondantes, une grande partie des terres a été contaminée. Les aliments contaminés ont été interdits, y compris le lait. Et les gens ont commencé à faire des réserves de comprimés d’iode.
Des cancers suite aux radiations
De nombreux autres pays européens, y compris l’Allemagne, ont été touchés par le nuage radioactif qui s’est dirigé vers l’ouest du continent.
Même des décennies plus tard, des dizaines d’anciens employés de la centrale nucléaire et d’anciens pompiers continuent de mourir des suites de cancers provoqués par les radiations.
L’historienne Mélanie Arndt fait remarquer qu' »il existe encore, par exemple, des zones, dans les forêts européennes, qui sont encore assez fortement contaminées. On s’en rend d’ailleurs compte lorsque les chasseurs doivent faire analyser les cerfs qu’ils ont abattus. Chez les sangliers, par exemple, on peut ainsi détecter des niveaux élevés de radioactivité ».
Depuis 2016, un dôme de confinement en acier recouvre le site de l’ancienne centrale nucléaire de Tchernobyl. Il est censé sécuriser l’ancien réacteur pendant une centaine d’années.
Mais Tchernobyl se trouve désormais en zone de guerre. En février 2025, un drone a percuté l’enveloppe de protection. Et des coupures de courant répétées ont mis en péril les systèmes de surveillance.
Mais alors que les importations de pétrole et de gaz en provenance de régions en conflit deviennent de plus en plus incertaines, en Allemagne, les appels en faveur d’un retour à l’énergie nucléaire se font de plus en plus pressants. L’énergie nucléaire semble redevenir une solution propre et fiable. Et les leçons de Tchernobyl tombent dans l’oubli.
Auteur: La rédaction francophone de la DW
