La responsabilité dans la bonne pratique médicale a été recommandée jeudi, aux radiologues face à l’intelligence artificielle (IA), lors du 2ème congrès national de radiologie couplé aux 21ème journées de radiologie de l’Afrique francophone (jiraf), organisés du 11 au 13 juin à Kinshasa, en République démocratique du Congo.
« Je voudrais donc dire ici, l’attente de l’orde des médecins aux radiologues que vous êtes. C’est vous ramener à la question de la responsabilité dans la bonne pratique médicale face aux nouvelles technologies et à l’intelligence artificielle », a déclaré Dr Berthier Nsadi, Président du conseil national de l’ordre des médecins.
Selon ce médecin, à l’ère de l’intelligence artificielle, le domaine de la médecine le plus menacé, c’est l’imagerie médicale.
«Donc cette question de l’intelligence artificielle qui amène avec d’autres considérations de la responsabilité du médecin et de la responsabilité de ce que vous produisez comme diagnostic lorsque vous recourez à l’IA est cruciale », a-t-il dit.
De son côté, le prof Antoine Molua, chef du département de la radiologie et d’imagerie médicale aux cliniques universitaires de Kinshasa (CUK) a noté qu’il est important pour les radiologues de s’adapter à l’évolution technologique pour une prise en charge standardisée et adéquate de la population.
« De tout temps, l’homme est dans un processus évolutif de son mental, son humanité et sur le plan de technologie. Cet assise veut dire simplement nous devons nous connecter à tout ce qui se fait actuellement en matière d’innovation technologique en le contextualisant dans notre milieu », a-t-il dit.
Cet expert, a aussi relevé certaines difficultés auxquelles font face les radiologues congolais notamment, ceux liées aux infrastructures, aux équipements et à l’énergie.
Face à ces difficultés, le Dr Molua a invité le gouvernement à équiper les hôpitaux pour assurer la prise en charge appropriée à la population et améliorer l’environnement dans lequel travaille le radiologue.
À l’ère de l’IA, les radiologues doivent effectuer les examens le plus appropriés
En outre, le médecin directeur des cliniques universitaires de Kinshasa (CUK), Dr Jean-Robert Makulo, a indiqué qu’à l’ère de l’IA, les radiologues sont censés orienter les cliniciens vers les examens le plus appropriés afin de procéder à une prise en charge adéquate.
« Nous attendons de lui, de tenir compte de certaines demandes qui ne sont pas forcément justifiés dans un contexte où le clinicien n’a pas les idées claires sur les indications. Il appartient aux radiologues de rappeler que certains écrits peuvent être justifiés. Nous attendons des radiologues, qu’ils interprètent les résultats pour communiquer les urgences », a-t-il dit.
Ce médecin a noté qu’en ce moment où l’IA est utilisée même auprès des patients, les radiologues doivent proposer un compte rendu claire et conçu, utiliser un lexique standardisé, éviter des termes incompréhensibles et être disponible aux discussions.
Plusieurs radiologues de la RDC et des pays francophones comme le Congo, Togo et Burkinafaso prennent part à ces assises.
