L’Organisation mondiale de la santé (OMS), a fait savoir que l’approvisionnement mondial en sang est devenu plus sûr au cours de la dernière décennie grâce à la progression des dons volontaires non rémunérés, mais des millions de personnes continuent de se heurter à un accès insuffisant aux transfusions, en particulier dans les pays pauvres.
A l’occasion de la Journée mondiale du donneur de sang (14 juin), de nouvelles données recueillies dans 132 pays révèlent que le nombre de dons de sang a augmenté de près de 19% entre 2013 et 2023. Les dons volontaires et non rémunérés représentent désormais plus de 85% des quelque 120 millions de dons enregistrés dans le monde en 2023, confirmant leur rôle central dans la sécurité et la durabilité des systèmes transfusionnels.
L’OMS souligne toutefois que les progrès restent très inégalement répartis. Alors que les pays à revenu élevé ne regroupent que 15% de la population mondiale, ils collectent à eux seuls 36% des dons de sang. Dans de nombreux pays à faible revenu, les pénuries persistent en raison d’un manque de financement, d’infrastructures insuffisantes et de difficultés à recruter des donneurs réguliers.
Les écarts sont particulièrement marqués en matière de disponibilité. Vingt-quatre pays ont déclaré moins de cinq dons pour 1.000 habitants, un niveau jugé insuffisant pour répondre aux besoins des patients nécessitant des transfusions urgentes. Les femmes confrontées à des hémorragies lors de l’accouchement, les enfants souffrant d’anémie sévère, les victimes d’accidents ou de brûlures, ainsi que les personnes atteintes de maladies chroniques comme la drépanocytose, la thalassémie ou certains cancers figurent parmi les populations les plus exposées.
« Personne ne devrait mourir faute d’avoir accès à du sang sûr lorsqu’il en a besoin », a déclaré le directeur général de l’OMS, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, appelant les gouvernements à investir davantage dans des systèmes nationaux de transfusion robustes et durables.
L’agence onusienne met également en garde contre les faiblesses persistantes de gouvernance et de réglementation. Près d’un tiers des pays ne disposent toujours pas d’une législation spécifique garantissant la sécurité et la qualité du sang et des produits sanguins. Seuls 64% déclarent effectuer des inspections régulières des services de transfusion et 40% disposent d’établissements accrédités, selon l’OMS.
Le financement constitue un autre point faible: plus d’un pays sur sept ne bénéficie ni d’un budget public dédié ni de mécanismes de recouvrement des coûts pour ses services de transfusion, ce qui fait peser des incertitudes sur leur viabilité à long terme.
L’OMS appelle les États à renforcer la réglementation, les programmes d’assurance qualité et les systèmes de surveillance afin de garantir un accès universel à des produits sanguins sûrs, quel que soit le lieu de résidence des patients.
