Au lendemain des attaques coordonnées menées contre plusieurs positions de l’armée malienne, la situation demeurait tendue dimanche àAnéfis. Il faut dire que cette localité est située à environ une centaine de kilomètres au sud de Kidal.
Selon nos informations, les affrontements ont opposé hier dimanche des combattants rebelles à un convoi de renforts composés de plusieurs dizaines de véhicules. Ces renforts militaires étaient partis de Gao, plus au Sud, pour rejoindre les forces maliennes et leurs partenaires russes retranchés dans leur camp à Anéfis.
Pour les groupes indépendantistes du FLA, Anéfis constitue un point stratégique dans leur volonté de reprendre pied dans le nord du pays après avoir récupéré Kidal il y a un peu plus de deux mois. Selon le journaliste et analyste sécuritaire Moussa Konaté, le choix des localités visées par la coalition Jnim – FLA est stratégique.
« Pourquoi Anéfis ? Parce qu’Anéfis est à 150 kilomètres de Kidal. Pourquoi Gao ? C’est la première zone militaire la plus puissante au nord. Et pourquoi Sévaré ? Nous savons que Sévaré sert de pont entre le centre, l’extrême centre et le sud. Kéniéroba, certainement, il y a certains de leurs chefs qui sont là-bas. Je n’ai pas ces informations, mais vraisemblablement, ça peut l’être. Parce que si nous nous en souvenons, à un moment donné, au niveau de la prison centrale de Bamako, il y a quelques années, ils ont tenté aussi de libérer un des leurs. »
Dans son communiqué publié le 4 juillet, l’armée malienne affirme avoir neutralisé 20 assaillants à Anéfis et six autres à Gao. Elle annonce également la mort d’un militaire et quatre autres blessés. De son côté, le Front de libération de l’Azawad affirme, sur ses canaux de communication, avoir capturé plusieurs dizaines de soldats.
Malgré ces combats, plusieurs habitants interrogés disent avoir retrouvé un calme relatif après plusieurs heures d’inquiétude. Ces deux habitants habitent respectivement Sévaré et Bamako.
« C’est une mauvaise nouvelle parce qu’on aimerait ne pas être attaqués. Nous ne dormons pas. Car en ce dernier moment, vous avez vu l’ampleur de la riposte de l’armée malienne. Ils ont quand même pu s’organiser pour faire des attaques éclair. À partir de dix heures, tout était OK. » « À partir de dix heures, on avait l’information réellement qu’il y a la maîtrise des situations. Il y a eu plus de peur que de mal. »
Outre Anéfis, les attaques ont également visé Gao, Sévaré, Kéniéroba, Konna et Somadougou. Cette nouvelle offensive est la plus importante de l’année enregistrée depuis les attaques coordonnées du 25 avril, au cours desquelles le ministre malien de la Défense, le général Sadio Camara, avait trouvé la mort.
