C’est une première depuis plus de 30 ans : la RDC préside le Conseil de sécurité et pour le président Félix Tshisekedi, son pays ne doit plus être réduit à l’image d’un pays que l’on convoite, que l’on pille ou que l’on déstabilise. Il compte présider sur ce thème un débat public, le 22 juillet, aux Nations unies.
« Notre message sera clair : les ressources naturelles de la République démocratique du Congo ne doivent plus être regardées comme une malédiction. Elles doivent devenir un levier de paix, de prospérité, de souveraineté, de justice et de transformation pour le peuple congolais. »
La voix des sans voix
Dans la province du Sud-Kivu, la société civile estime que cette présidence tournante est une opportunité pour faire entendre la voix de la RDC à travers le monde.
Blaise Bulambo Bubala est le président du groupe thématique Mines et hydrocarbures de la société civile du Sud-Kivu. Il veut voir des changements concrets sur le terrain. « La gouvernance des ressources naturelles, c’est une bonne chose, mais il faut que cela se traduise par des actes en luttant contre les circuits mafieux, en luttant contre la fraude, la corruption… Cette occasion doit permettre à la RDC de vendre son image au niveau international, mais aussi de mettre en œuvre tous les mécanismes pour que la guerre finisse. »
La RDC entame sa présidence tournante d’un mois dans un contexte marqué par de nombreux défis à la paix et à la sécurité internationale. La Mission permanente de la RDC auprès des Nations unies a promis que le pays va contribuer aux efforts collectifs du Conseil en faveur de la prévention des conflits.
Maitre Timothée Mbuya est le coordonnateur de Justicia Asbl, une ONG de défense des droits de l’homme en RDC. Il exhorte toutefois à éviter d’être trop ambitieux : « La crédibilité internationale d’un État repose essentiellement sur la cohérence entre les positions qu’il défend à l’Onu et les politiques qu’il met en œuvre activement chez lui. Sans cette combinaison, je crois que la RDC risque de faire une présidence tournante sans aucun impact. Mais il ne faudrait pas non plus trop fixer de grandes priorités parce que la RDC n’a qu’un mois et dans ce mois, elle n’a aucun pouvoir décisionnel sur les autres Etats. »
La RDC a déjà occupé cette responsabilité à deux reprises, de 1982 à 1983 et de 1990 à 1991.
Auteur: Mitima Delachance
