Lors de son entretien avec Al Jazeera English, le journaliste Nicolas Haque a interrogé le président de l’Assemblée nationale et leader de Pastef/Les patriotes sur les violences xénophobes qui secouent actuellement l’Afrique du Sud.
Ousmane Sonko a exprimé sa « tristesse » en premier lieu, affirmant que voir des images de frères africains vêtus de tenues de guerriers traditionnels traquant d’autres Africains est profondément douloureux pour le continent. « L’Afrique du Sud a reçu un soutien indéfectible de toute l’Afrique pendant sa lutte contre l’apartheid. Que se passe-t-il ? Aujourd’hui est donc particulièrement douloureux, d’autant plus que l’Afrique du Sud est à la tête du mouvement panafricain et milite pour une représentation africaine permanente au Conseil de sécurité de l’ONU », a-t-il regretté.
Il a souligné que le panafricanisme ne se limite pas aux discours internationaux et doit commencer chez soi. Tout en reconnaissant le droit souverain de chaque pays à réglementer ses frontières et à déterminer les conditions d’entrée, de séjour ou d’installation des étrangers. « Mais les scènes auxquelles nous assistons sont indignes de l’Afrique », déclare-t-il.
L’ancien Premier ministre a lancé un appel « à ses frères et sœurs sud-africains pour qu’ils réfléchissent sérieusement à ce qui se passe, et a exhorté les autorités politiques à prendre toutes les mesures nécessaires ». Il a martelé que ce n’est pas du panafricanisme, ni de l’humanisme, mais des êtres humains venus simplement travailler et contribuer à la société et au développement du pays. « Si un pays choisit de ne pas accueillir ces personnes, il existe des moyens bien plus civilisés de traiter cette question », fait-il souligner.
