La plus haute juridiction malienne a maintenu la peine de dix ans infligée à l’ancienne ministre de l’Économie, Bouaré Fily Sissoko. L’affaire, emblématique des scandales du mandat d’Ibrahim Boubacar Keïta, avait valu au Mali le gel de fonds du FMI.
La Cour suprême du Mali a confirmé la condamnation à dix ans de prison ferme d’une ancienne ministre malienne de l’Économie et des Finances, dans une affaire emblématique d’achats d’équipements militaires et d’un avion présidentiel en 2014, a appris l’AFP auprès de la cour.
Le 8 juillet 2025, la Cour d’assises spéciale sur les crimes économiques et financiers avait reconnu coupable Bouaré Fily Sissoko, ex-ministre de l’Économie et des Finances, de « faux en écriture, usage de faux et atteinte aux biens publics » dans les dossiers de l’achat de l’avion présidentiel et d’équipements militaires survenu lors du mandat de l’ancien chef de l’État Ibrahim Boubacar Keïta. Elle avait alors été condamnée à dix ans de prison.
Son avocat, Dianguiné Tounkara, avait introduit un pourvoi en cassation auprès de la chambre criminelle de la Cour suprême du Mali. Le 4 août, cette dernière a confirmé le premier verdict et maintenu les 10 ans. « Nous allons saisir les juridictions internationales », a réagi l’avocat auprès de l’AFP.
Des achats effectués sans appel d’offres
Ce procès concernait un dossier emblématique de la corruption reprochée à l’ancien pouvoir en place et régulièrement invoquée par la junte militaire aujourd’hui à la tête du Mali.
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L’achat d’un avion présidentiel pour une somme estimée à l’époque à près de quarante millions de dollars (trente-quatre millions d’euros), ainsi que l’achat de matériel militaire à une société malienne, tous deux sans appel d’offres, avaient valu en 2014 au Mali des sanctions des institutions financières, notamment le gel pendant six mois des décaissements du Fonds monétaire international (FMI).
Moustapha Ben Barka, ex-ministre et ancien vice-président de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD), absent du procès, a été condamné par contumace à la réclusion à perpétuité. Plusieurs officiers ont également été condamnés.
(Avec AFP)
