Enlevé le jour de l’Ascension à Betroka, un bébé albinos est mort entre les mains de ses ravisseurs. Quinze suspects ont été arrêtés lors d’une opération ordonnée par la Présidence.
Quinze individus soupçonnés d’être impliqués dans un trafic d’albinos ont été capturés dans les districts de Betroka et d’Ihosy, puis transférés à Antananarivo, selon les informations communiquées hier par la Présidence.
Parmi eux figurent un enseignant, un médecin et des hommes présentés comme les principaux auteurs. Les Forces de sécurité présidentielle, appuyées par la gendarmerie, la police et l’armée, ont mené l’opération sur ordre du Président de la Refondation de la République.
Les enquêteurs ont révélé que les ravisseurs projetaient de vendre un bébé albinos pour la somme de 400 millions d’ariary. Un gendarme identifié comme le chef Donné aurait servi d’intermédiaire auprès d’un prétendu acheteur basé à Antananarivo. Les suspects affirment n’avoir jamais rencontré ce gendarme en personne, les échanges se faisant uniquement par téléphone. Convaincus par cette promesse, ils ont enlevé le nourrisson de huit mois le 14 mai à Betroka, tuant son père qui tentait de s’y opposer.
Prélever ses yeux
Durant sa captivité, l’enfant a été déplacé de village en village, puis emmené en montagne, dans l’attente d’un acheteur qui ne s’est jamais présenté. Un suspect raconte qu’il était vigoureux, qu’il mangeait avec appétit, mais qu’il a fini par tomber malade à cause du froid. Malgré l’intervention d’un médecin, il est décédé il y a deux semaines.
Après sa mort, l’enseignant impliqué dans le groupe aurait ordonné qu’on lui ouvre le crâne pour prélever ses yeux. Ceux-ci auraient été placés dans des sachets, conservés dans une boîte contenant du charbon, tandis que le corps était enterré avec ses effets personnels.
Un autre suspect explique avoir agi par désespoir économique, incapable de subvenir aux besoins de sa famille. Il dit avoir été manipulé par des promesses d’argent qui ne se sont jamais concrétisées.
Les forces de l’ordre ont retrouvé le corps mutilé grâce aux indications des ravisseurs présumés et lui ont offert une sépulture digne. Les investigations se poursuivent, car deux autres enfants albinos seraient encore retenus par des complices en fuite. Les opérations de traque se poursuivent dans les deux districts.
Gustave Mparany
