Au Nigeria, après l’identification d’un faux Conseil présidentiel des investissements étrangers, pourtant attributaire de fonds dans le budget national, beaucoup s’interrogent sur les défaillances et les collusions dans l’administration.
Le Presidential Foreign Intervention Promotion Council (PFIPC) avait de quoi inspirer confiance : un directeur général, en la personne de Prince Adeniyi Adeyemi Matthew, un objectif clair – attirer les fonds étrangers –, un site internet et un budget de fonctionnement de 1,3 milliard de nairas – environ 800 000 euros – alloué par la loi de finance 2026 de l’État du Nigeria. Mais des alertes ont conduit le président, Bola Tinubu, à saisir la Commission indépendante sur les pratiques de corruption et autres infractions connexes (ICPC). Des investigations approfondies viennent de conclure que ce Conseil n’était qu’une agence fictive.
Après plusieurs semaines d’enquête, le président de l’agence anticorruption Musa Adamu Aliyu a révélé que « Prince Adeniyi Adeyemi Matthew n’a jamais été nommé par le gouvernement fédéral ou une autorité gouvernementale » et que son agence étatique n’avait aucun fondement juridique. Les documents de sa création auraient été falsifiés. Si la Commission indépendante affirme qu’aucun fonds n’aurait été effectivement versé à Adeyemi, malgré des comptes en banque associés, la polémique continue de courir.
Entre négligence et complicité
L’entité fictive aurait réussi à occuper d’anciens locaux de l’administration et son presque dirigeant aurait interagi avec des politiciens, des hauts fonctionnaires et des diplomates, avant d’obtenir l’inscription de son budget dans la loi de finances. Des sommes occultes auraient également circulé, notamment en échange de promesses de postes dans le Conseil présidentiel. Même inachevée, cette arnaque particulièrement culottée a certainement bénéficié de failles de contrôle institutionnel, voire de négligence de plusieurs départements administratifs, ou d’une complicité passive ou active, au moment de la production de faux en écriture.
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Apparaissent ainsi, sur les documents de création du Conseil présidentiel, de troublantes signatures, ainsi que des sceaux officiels de la présidence. Cette dernière et la banque centrale se défendent de failles conséquentes, en matière de transparence des finances publiques, et orientent les récriminations vers les entités gouvernementales. Les conclusions de l’enquête recommandent des poursuites judiciaires contre les principaux suspects de ces vraies-fausses créations administratives, ainsi que des sanctions contre les fonctionnaires qui auraient été négligents.
D’ores et déjà, Prince Adeniyi Adeyemi Matthew a été interpellé. Le rapport préconise par ailleurs des réformes administratives profondes pour éviter de nouvelles collusions de cette nature.
