Le Centre culturel Ndiapaly Guissé a refusé du monde ce samedi 11 juillet 2026. À l’appel d’un collectif de soutien, plusieurs centaines de personnes, parmi lesquelles des autorités religieuses et coutumières, des notables, des élus locaux, des femmes et des jeunes, se sont réunies pour demander la liberté provisoire du maire de Koungheul, Alioune Badara Ly, placé en détention depuis le 17 mars dernier. Une mobilisation que les organisateurs présentent comme un appel citoyen, dans le respect de la justice et des institutions de la République.
Dans une salle acquise à leur cause, les participants ont tour à tour exprimé leur souhait de voir le maire bénéficier d’une liberté provisoire afin de préparer sa défense tout en continuant à suivre les affaires de la commune.
Face à la presse, Mamadou Ndiaye, adjoint au maire et porte-parole du collectif, a tenu à préciser le sens de cette rencontre. « Nous ne sommes pas ici pour contester une décision de justice. Nous sommes ici pour exprimer une préoccupation citoyenne et rappeler des principes fondamentaux. Le maire Alioune Badara Ly reste présumé innocent tant qu’aucune décision définitive n’a été rendue contre lui », a-t-il déclaré.
Selon lui, l’absence prolongée du maire commence à se faire ressentir dans la conduite de plusieurs dossiers importants pour la commune. « Depuis plusieurs mois, certains projets nécessitent un suivi permanent. Nous estimons que son absence a un impact sur la dynamique municipale et sur certains partenariats engagés pour le développement de Koungheul », a-t-il soutenu.
Le collectif considère ainsi qu’une mesure de liberté provisoire permettrait à l’édile de préparer sa défense tout en continuant à assumer ses responsabilités vis-à-vis des populations. « Nous sollicitons une liberté provisoire afin qu’il puisse répondre à la justice en homme libre et poursuivre, dans les limites de la loi, sa mission au service des populations », a ajouté Mamadou Ndiaye.
Un appel républicain fondé sur la cohésion sociale
Prenant la parole à son tour, le conseiller municipal Souleymane Tounkara a insisté sur le caractère républicain de la démarche entreprise. « Nous ne demandons aucun traitement de faveur. Nous demandons simplement qu’il puisse bénéficier d’une liberté provisoire pour préparer sa défense. Nous faisons confiance à la justice de notre pays », a-t-il affirmé.
L’élu local a également rappelé plusieurs actions sociales menées par Alioune Badara Ly au profit des populations de Koungheul. « Beaucoup de familles se souviennent encore des soutiens apportés lors des fêtes religieuses, notamment à la Tabaski. Le maire a toujours été présent auprès des couches les plus vulnérables et des jeunes de la commune », a-t-il déclaré.
Tout au long de la rencontre, les intervenants ont multiplié les appels à la paix, au calme et au respect des institutions. Ils ont insisté sur la nécessité de préserver la cohésion sociale et l’unité des populations de Koungheul.
Revenant sur la forte mobilisation enregistrée, Mamadou Ndiaye s’est félicité de la présence de toutes les composantes de la commune. « Voir aujourd’hui les autorités religieuses, les chefs coutumiers, les femmes, les jeunes, les notables et les élus réunis autour d’un même message montre combien cette question préoccupe les populations », a-t-il souligné.
À l’issue de la rencontre, le collectif a renouvelé son appel à une mobilisation pacifique et responsable dans l’attente de la décision de justice. « Nous restons attachés aux valeurs de paix, de dialogue et de respect des lois de la République. Notre souhait est de voir le maire bénéficier d’une liberté provisoire afin de préparer sa défense tout en continuant à accompagner les dossiers de développement de la commune », a conclu le porte-parole.
Les participants ont quitté les lieux avec le même message : espérer une issue favorable à leur requête tout en réaffirmant leur confiance dans la justice. « Koungheul, ville lumière, ne peut pas s’arrêter », ont lancé plusieurs membres du collectif au terme de la rencontre.
