De nouveaux éléments ont été versés au dossier par la défense lors du procès du 30 avril dernier concernant l’affaire opposant l’ancien ministre Samuel Sarr à l’homme d’affaires Cheikh Amadou Amar. Seneweb en sait plus sur ces pièces, issues de l’enquête de la gendarmerie, qui tendent à soutenir la thèse d’un mandat légal de recouvrement confié à Samuel Sarr. Des éléments fournis par la défense qui remettent en cause les accusations d’abus de confiance portées contre lui.
Selon le procès-verbal d’enquête n°265, il ressort que Samuel Sarr agissait sur mandat exprès de Me Abdoulaye Wade pour recouvrer une créance estimée à 7,9 milliards de FCFA auprès de Cheikh Amar. Les enquêteurs indiquent que ce dernier a reconnu sa dette et proposé un moratoire en raison de difficultés financières, avec des paiements partiels matérialisés par des traites et des reçus dûment établis.
Les investigations révèlent également que la somme de 2 milliards de FCFA, qui constitue le nœud du problème, a bien été versée par Cheikh Amar et réceptionnée par le créancier. Cette réalité est corroborée par plusieurs documents, dont une requête d’inscription d’hypothèque conservatoire datant de janvier 2019 et un jugement du tribunal de commerce de Dakar (n°660/19), attestant que le reliquat de la dette poursuivi s’élevait à environ 5,9 milliards de FCFA.
Les autres éléments notables sont les échanges de correspondances et les tableaux récapitulatifs versés au dossier. Ceux-ci indiquent que les fonds recouvrés par Samuel Sarr ont été utilisés conformément aux instructions de son mandant. Des proches collaborateurs de Me Wade, dont Me Madické Niang et Omar Sarr, ont d’ailleurs confirmé l’existence de cette créance ainsi que le rôle de mandataire confié à Samuel Sarr.
La défense de l’ancien ministre dénonce une tentative d’inversion des rôles et évoque une « mise en scène » visant à exercer une pression sur la justice. Par ailleurs, Samuel Sarr, qui conteste les faits qui lui sont reprochés, a lui-même déposé une plainte pour tentative d’extorsion de fonds, faux et usage de faux, ainsi que dénonciation calomnieuse.
Pour ses conseils, Me Cheikh Amadou Ndiaye, Baboucar Cissé et autres, les conclusions de l’enquête préliminaire auraient dû conduire à un classement sans suite du dossier, les éléments recueillis ne permettant pas d’établir les faits d’abus de confiance.
N’empêche, le procureur de la République, qui a demandé la requalification du délit d’abus de confiance en escroquerie, a requis six mois ferme contre Samuel Sarr. Par contre, le parquet a demandé deux ans assortis du sursis contre Cheikh Amar pour faux et usage de faux.
La décision du tribunal correctionnel de Dakar est attendue le 9 juillet 2026
