Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a promis de prendre des mesures pour répondre aux préoccupations croissantes liées à l’immigration clandestine, dans un contexte marqué par une recrudescence des manifestations anti-immigrés.
Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a promis dimanche de prendre des mesures pour répondre aux préoccupations croissantes liées à l’immigration clandestine, dans un contexte marqué par une recrudescence des manifestations anti-immigrés et des accusations de violences xénophobes contre des ressortissants étrangers.
L’ Afrique du Sud a déjà été le théâtre de violences xénophobes par le passé. En 2008, plus de 60 personnes avaient été tuées lors d’attaques visant des étrangers, selon des organisations internationales de défense des droits humains.
Ces derniers mois, plusieurs mouvements anti-immigration ont gagné en visibilité à travers une série de manifestations. Ils accusent les migrants en situation irrégulière de contribuer à l’aggravation du chômage, déjà parmi les plus élevés au monde, et d’exercer une pression supplémentaire sur les services publics de santé et d’éducation. « De nombreux Sud-Africains soulèvent des questions difficiles mais légitimes. Ces préoccupations sont réelles. Elles méritent d’être entendues et prises en compte », a déclaré Cyril Ramaphosa.
Le président a toutefois averti que les autorités ne toléreraient aucune initiative de justice populaire. « Seuls les représentants autorisés du gouvernement peuvent agir contre les violations de notre loi », a-t-il insisté, mettant en garde contre toute tentative de certains groupes de se substituer aux forces de l’ordre.
Première puissance économique d’Afrique australe, l’Afrique du Sud demeure une destination privilégiée pour les migrants originaires de pays voisins comme le Zimbabwe, le Mozambique et le Lesotho, mais également du Nigeria, du Ghana, du Malawi et de l’Éthiopie.
Plusieurs gouvernements africains, dont ceux du Ghana, du Nigeria, du Kenya et du Mozambique, ont récemment affirmé que leurs ressortissants avaient été victimes de menaces ou d’agressions en raison de leur statut d’étrangers. Le Ghana a ainsi rapatrié près de 300 de ses citoyens le mois dernier, tandis que le Mozambique a rapporté la mort de cinq de ses ressortissants lors d’attaques présumées à caractère xénophobe dans la ville côtière de Mossel Bay.
Selon Cyril Ramaphosa, près de 450 000 personnes ont été interceptées à la frontière sud-africaine au cours des douze derniers mois alors qu’elles tentaient d’entrer dans le pays sans documents. Reconnaissant des « lacunes » dans la gestion passée des flux migratoires, le président a assuré que son gouvernement prendrait désormais des mesures « décisives », tout en appelant les Sud-Africains à ne pas se diviser sur cette question sensible.
