Les élections de mi-mandat aux Etats-Unis confirment un revers pour Donald Trump et les Républicains, qui pourraient perdre le contrôle du Sénat et de la Chambre des représentants au profit des démocrates. Un changement politique à Washington qui pourrait également avoir des répercussions en Afrique, notamment sur les questions de sécurité et d’aides humanitaires.
Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a ainsi dit mercredi (04.11.2026) s’attendre à une « nouvelle ère » après la victoire démocrate aux élections de mi-mandat aux Etats-Unis.
Pretoria est une cible récurrente de Washington depuis le retour de l’administration Trump, qui accuse le pays d’un prétendu génocide des descendants de colons blancs. La Maison Blanche a par ailleurs annoncé cette semaine l’exclusion de l’Afrique du Sud de l’accord commercial liant les Etats-Unis à l’Afrique (AGOA).
« Le changement de majorité à la Chambre des représentants, ainsi qu’au Sénat, va apporter des évolutions », a déclaré aux médias Cyril Ramaphosa après avoir voté mercredi aux élections municipales sud-africaines. « Je pense que cette nouvelle majorité va ouvrir le début d’une nouvelle ère dans les relations internationales. »
« Nous espérons que, sur le plan bilatéral, il y aura un rapprochement des points de vue qui nous permettra de trouver la bonne voie à suivre tant sur le plan géopolitique que sur les questions commerciales et d’investissement », a souhaité le chef d’Etat sud-africain.
Des changements dans les relations entre les Etats-Unis et l’Afrique ?
Les premières tendances des élections de mi-mandat donnent en effet Donald Trump et le camp républicain perdants. Les conséquences de cette défaite seront entre autres la perte du contrôle du Sénat et de l’Assemblée nationale pour les républicains au profit des démocrates.
Au delà des Etats-Unis, des pays africains aussi pourraient connaitre des changements dans leurs relations avec Washington, selon l’analyste politique Christian Moleka.
« Pour nous, les pays africains qui sont liés, comme la RDC, à un processus conduit par Washington, c’est le risque d’avoir un président porté sur les questions de politique intérieure. C’est aussi une dynamique de conflit qui peut changer. Le président Donald Trump a été celui qui a porté les accords de Washington. Les démocrates avant lui ont adopté une politique bien différente dans la sous-région, avec probablement de meilleures relations avec le Rwanda voisin. »
Stéphane Akoa est politologue-chercheur basé à Yaoundé. Pour lui, la majorité démocrate au Sénat et à la Chambre des représentants va peser différemment dans la manière d’envisager les aides au développement, les programmes climatiques et de santé que l’Amérique mène.
« Les choses ne se feront plus comme elles étaient pratiquées par Monsieur Trump. Notamment certains programmes significatifs en matière de santé, pour la lutte contre le VIH ou le paludisme », prédit Stéphane Akoa.
Le politologue-chercheur indique sur la DW que « cela va être très important de voir comment désormais les élus vont voter des projets ou des tentatives de restructuration de budgets, par exemple pour les refugiés dans le bassin du lac Tchad ou les déplacés suite à la crise dans la région anglophone du Cameroun. On peut espérer que ce qui avait été réduit à l’époque de Monsieur Trump pourrait être révisé à la hausse ».
La coopération sécuritaire et la lutte contre le terrorisme pourront, elles aussi, connaître un changement, explique Stéphane Akoa.
Selon lui il est « possible que certains éléments, notamment liés aux conditions matérielles et financières envers les forces armées du Cameroun et d’autres pays africains », soient relativement modifiés au profit de projets plus humanitaires qui pourraient bénéficier aux populations.
Auteur: Abdoulaye Sadio Diallo
