Interpellés pour « suspicion de vol » des lunettes du ministre camerounais de l’Économie, quatre journalistes viennent de passer cinq jours en garde à vue. Alors même que l’objet de l’émoi avait déjà été retrouvé.
Branle-bas de combat, le 16 septembre, à la clôture des journées du groupe de la Banque islamique de développement (BID) au Palais des Congrès de Yaoundé. Les lunettes du ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire, et président de la cérémonie, Alamine Ousmane Mey, sont introuvables. Sans que le lien avec cette disparition ne soit clairement établi, les journalistes François Essomba, Igor Gwet Bibey, Solange Djuikam et Pierre Mouchili sont interpellés sur place, suspectés de « vol ».
« Détention arbitraire »
Ils ne seront libérés que cinq jours plus tard, soit le 21 septembre, alors que les lunettes avaient été retrouvées dès le lendemain de l’interpellation, à l’intérieur du véhicule personnel du ministre. Pourtant, la garde à vue des journalistes avait été prolongée, mais sur un autre motif : « intrusion non autorisée » dans la réunion « à huis clos » du Palais des congrès.
La procédure vaudra présentation au procureur de la République près le Tribunal de première instance du Mfoundi, mais elle ne conduira finalement à aucune poursuite. Entretemps, le Syndicat national des professionnels de l’information et de la communication (Spic) et le Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale (Redhac) sont montés au créneau, condamnant une « détention arbitraire » de journalistes « en plein exercice de leur profession ».
