Un récent rapport de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) sur les mouvements migratoires en Bosnie-Herzégovine met en évidence la présence continue de migrants marocains sur les routes de la migration irrégulière empruntant les Balkans occidentaux.
Le rapport onusien souligne une évolution des dynamiques migratoires vers les pays de l’Union européenne, la Bosnie-Herzégovine étant devenue un point de transit majeur pour de nombreux jeunes souhaitant rejoindre l’Italie.
Les Marocains figurent parmi les cinq principales nationalités présentes sur les routes de transit dans ce pays européen, représentant 5 % des personnes interrogées lors d’une enquête menée au cours du mois de juin dernier.
S’agissant de la destination finale, les chiffres révèlent que 48 % des migrants marocains interrogés considèrent l’Italie comme leur premier objectif. Cette préférence s’explique notamment par l’existence de réseaux sociaux et de communautés marocaines déjà installées dans le pays, ce qui en fait une destination jugée plus attractive que d’autres pays européens.
Concernant les raisons du départ, le rapport cite le témoignage d’un migrant marocain qui explique avoir quitté le Maroc principalement pour des motifs économiques. Il justifie sa décision par la précarité du marché du travail et le manque de stabilité des opportunités professionnelles, malgré une expérience dans plusieurs secteurs, notamment l’agriculture, la mécanique, les tâches administratives et le travail en usine.
Selon le même rapport, l’absence de contrats de travail à long terme et la faiblesse des revenus figurent parmi les principaux facteurs qui poussent de nombreux Marocains à chercher des perspectives à l’étranger, l’Italie étant souvent leur destination privilégiée pour trouver un emploi.
L’Organisation internationale pour les migrations décrit également les conditions de vie difficiles auxquelles sont confrontés les migrants lors de leur passage en Bosnie-Herzégovine. La plupart d’entre eux utilisent des bus ou des taxis pour rejoindre les zones frontalières avec la Croatie. Beaucoup trouvent refuge dans des bâtiments abandonnés ou dorment à la belle étoile, en raison de la capacité limitée des centres d’accueil temporaires.
Malgré les risques sécuritaires et la possibilité d’être refoulés ou expulsés à la frontière croate, le rapport souligne que la détermination des migrants à poursuivre leur route reste très forte. L’OIM poursuit ainsi la mobilisation de ses équipes afin de fournir des soins médicaux, un accompagnement social et une assistance humanitaire d’urgence.
Ces conclusions reposent sur des entretiens réalisés auprès de 434 migrants de différentes nationalités, dont 351 hébergés dans des centres d’accueil temporaires, notamment ceux de Lipa et Blagoj, ainsi que 83 autres vivant en dehors de ces structures dans plusieurs régions, notamment Sarajevo, Una-Sana, Tuzla, Banja Luka, Bijeljina et Zvornik.
Le document, consulté par Hespress, conclut que la migration à travers les Balkans, y compris la Bosnie-Herzégovine, ne concerne plus uniquement les personnes fuyant les conflits armés, mais attire également des migrants en quête de meilleures perspectives économiques et d’une plus grande stabilité.
