Le cap des 1,5 °C de réchauffement climatique par rapport à l’ère préindustrielle sera inexorablement franchi dans les prochaines années. C’est le constat alarmant dressé par le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) dans son dernier rapport.
Alors que la communauté internationale s’était engagée il y a onze ans, lors de l’Accord de Paris, à contenir la hausse des températures sous ce niveau, les dérèglements observés à travers le globe confirment une trajectoire désormais critique.
Cette mise en garde intervient dans le sillage de phénomènes météorologiques extrêmes d’une intensité inédite, marqués par des vagues de chaleur dévastatrices, des feux de forêt incontrôlables et des inondations meurtrières.
Qualifiant cette situation de combat pour l’humanité, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a souligné que l’élévation des températures entraînera des préjudices humains et économiques irréversibles pour chaque fraction de degré supplémentaire. La multiplication des catastrophes environnementales menace directement les écosystèmes, la sécurité alimentaire, les ressources en eau et les zones côtières exposées à l’élévation du niveau de la mer.
Malgré cette perspective, l’institution onusienne refuse de céder au fatalisme. Le PNUE précise que le franchissement temporaire de ce seuil ne signifie pas l’abandon des objectifs climatiques, mais impose de restreindre au maximum l’ampleur et la durée du dépassement.
D’après les experts de l’ONU, un retour sous la barre des 1,5 °C reste techniquement envisageable d’ici la fin du siècle, à condition d’opérer une réduction drastique et immédiate des émissions de gaz à effet de serre, d’accélérer la sortie des énergies fossiles et de renforcer la protection des puits de carbone naturels.
Face à l’insuffisance des engagements nationaux actuels, l’ONU exhorte les gouvernements à réviser leurs feuilles de route de neutralité carbone et appelle les pays développés à tripler les financements destinés à l’adaptation des populations les plus vulnérables.
Rappelant le principe de responsabilité historique des nations industrialisées dans cette crise globale, la direction du PNUE insiste sur l’urgence d’une transition coordonnée, affirmant que les leviers technologiques et économiques existent déjà pour amortir l’impact du choc climatique annoncé.
