Près de trois mois après les démolitions à Koumassi Campement, plusieurs habitants sinistrés sont encore dans des conditions précaires, livrés à eux-mêmes, en attendant des solutions durables qui visiblement tardent. Ce lundi 17 août 2026, ils ont pris d’assaut la mairie de Koumassi pour dire leur ras-le-bol. Ils sont montés au créneau pour rappeler aux autorités qu’ils ne sont toujours pas encore au bout de leurs peines.
Au lendemain des démolitions, il y a eu des actions ponctuelles, notamment de la part du gouvernement. Mais sur le long terme, les sinistrés ne savent pas à quel saint se vouer. Les femmes sinistrées ont conduit un mouvement d’humeur ce lundi à la mairie. Elles ont organisé un sit-in devant la mairie. À quelques semaines de la rentrée scolaire, les sinistrés sont sommés de libérer les écoles dans lesquelles ils sont logés depuis juin 2026. « On nous demande de libérer. On va où avec les enfants, les femmes enceintes ? On a pas de caution, ni de dortoir », a déclaré Djè Eulodie, porte-parole des femmes.
Logés dans les écoles aux premières heures des démolitions, ces sinistrés sont désormais considérés comme des éléments perturbateurs. Ils ne peuvent pas continuer à loger dans les écoles, alors que les élèves sont attendus dans peu de temps. La porte-parole reconnaît que cette cohabitation est impossible. À présent, elles ont une seule demande : avoir des cautions pour aller louer des maisons. Selon les dires des femmes sinistrées, les autorités de la mairie n’apportent pas une réponse solide à la demande. « C’est toujours les mêmes choses. Allez-y, on va vous revenir. Il n’y a pas de solutions », a déploré dame Eulodie.
Les femmes sinistrées de Koumassi Campement demandent de l’aide pour avoir des logements afin de libérer les locaux des écoles. « Ce matin, ils ont ouvert les classes de l’école. Ils sont en train de travailler. Nous allons rester où ? Nous demandons de l’aide. Que le Maire vienne à notre secours. Que tous les Ivoiriens se soucient de nous. »
Pour rappel, les démolitions effectuées à Koumassi Campement relèvent d’une affaire complexe. Le dossier est pendant la justice et plusieurs personnes ont été écoutées. Le principal mis en cause, le sieur Jacques Alloui Brou, a été interpellé et déposé. En effet, quelques jours après les démolitions, le parquet a indiqué que la justice n’a jamais autorisé de telles démolitions, contrairement à ce que Jacques Alloui Brou a tenté de faire croire.
