Face aux inquiétudes sur la dette et aux négociations avec le FMI, le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a détaillé le 24 février 2026, lors des questions au gouvernement, la position de Dakar sur 4 points clés : croissance, finances publiques, dette et partenariat avec le Fonds monétaire international.
Sur le cadrage macro-budgétaire, Cheikh Diba reconnaît des divergences : « Les chiffres du Fonds sont pessimistes alors que les nôtres se veulent optimistes ». Le FMI projette une croissance moyenne de 4,1% pour l’Afrique subsaharienne en 2025, tandis que Dakar table sur 8,8% pour le Sénégal en 2025, portée par l’entrée en production des champs de Sangomar et GTA. Au 1er trimestre 2025, la croissance a même atteint 12,1% en glissement annuel grâce aux hydrocarbures. Hors pétrole et gaz, elle reste à 3,1%.
Le ministre assure que l’objectif est de rapprocher les positions « dans les prochains jours » pour boucler les discussions.
Le besoin de financement de l’État pour 2026 est projeté à 6 075,2 milliards FCFA. Il servira principalement à l’amortissement de la dette, estimée à 4 307,4 milliards FCFA, et au déficit. Le service de la dette atteindra « plus de 5 100 milliards FCFA en 2026 », limitant fortement les capacités d’investissement. Cheikh Diba défend que la dette est « soutenable au regard des paramètres reconnus d’analyse ». Il invite le FMI à tenir compte des spécificités du Sénégal : union monétaire, transferts des migrants, accès aux marchés financiers.
