Au Mali, c’est un sujet qui revient désormais dans le débat public. Le retour à l’ordre constitutionnel et donc l’organisation d’élections a été évoqué par Mahamadou Ali Youssouf, le président de la Commission de l’Union africaine, qui a récemment séjourné dans le pays.
La tenue d’échéances électorales pour mettre fin à la transition militaire est une question qui rappelle les différents régimes politiques qui ont dirigé le pays, depuis l’indépendance jusqu’à nos jours.
Quels souvenirs les Maliens gardent de ces périodes et quels sont leurs souhaits pour l’avenir ?
Le temps passe, la corruption reste
Djibrilla, a connu cinq présidents. D’Assimi Goita à Ibrahim Boubacar Keita, en passant par Amadou Toumani Touré, Alpha Oumar Konaré ou encore Moussa Traoré.
Selon le sexagénaire, à l’époque du général Moussa Traoré, qui a dirigé le pays pendant 23 ans, entre 1968 et 1991, les Maliens avaient de la retenue et une certaine vertu face à l’argent public.
Djibrilla explique que « sous le régime du général Moussa Traoré, il était impensable que les fonds destinés à la réalisation des projets soient détournés. Personne ne se hasardait dans cette aventure, car tout le monde connaissait les conséquences. Certes, à cette époque, le niveau du développement du pays laissait à désirer, mais ce sont des actes que nous regretterons aujourd’hui, parce qu’ils étaient au bénéfice des populations ».
Djibrilla se dit attristé par le niveau de corruption, depuis plusieurs décennies, à la faveur de l’avènement de la démocratie au Mali.
Les enfants de l’ère démocratique
Bien plus jeune, Boubacar est étudiant et il est né dans les années 2000. Ce qui le place dans la catégorie des enfants de l’ère démocratique.
Pour ce dernier, des efforts restent à faire afin de redresser la question relative à l’éducation des enfants.
« J’ai obtenu mon baccalauréat sous le régime d’Ibrahim Boubacar Keita, se souvient-il. Nous avions fait neuf mois de grève à l’université. Je crois qu’à ce niveau, il y a eu un peu d’amélioration maintenant. En revanche, nous voyons certaines pratiques qui se font actuellement qu’on ne voyait pas à l’époque du régime d’Amadou Toumani Touré ou d’Ibrahim Boubacar Keita. Par exemple, des enfants qui font des cascades à motos, mettant en danger la vie des usagers. Le niveau du banditisme et de la consommation de drogue chez les jeunes a aussi considérablement grimpé ».
Selon Boubacar, la lutte contre la criminalité et la consommation de drogue par les jeunes doivent figurer parmi les priorités des autorités. Pour l’étudiant, l’Etat doit faire régner l’ordre, peu importe le régime, qu’il soit militaire ou issu des urnes.
Auteur: Mahamadou Kane
