La période de Tabaski vire au bras de fer sur les réseaux sociaux. À Thiès, deux figures religieuses très suivies ont été prises pour cible après leurs sermons de l’Aïd al-Kébir. La réplique est venue d’un marabout-politicien de la ville.
Deux imams de Thiès dans la tourmente
Juste après la prière des deux rakaas, Tafsir Babacar Ndiour, imam ratib de la grande mosquée de Moussanté, et le Khalife de feu Samba Moukhine Diallo ont vu leurs prêches être découpés, commentés, attaqués en ligne.
Leurs « torts » : avoir parlé d’actualité comme presque tous les imams du pays.
– Imam Babacar Ndiour a évoqué l’article 132 sur la présidence de l’Assemblée nationale. Une phrase sortie de son contexte et relayée de façon hostile.
– Le Khalife de feu Samba Moukhine Diallo a dénoncé les « dérives institutionnelles » et la cherté de la vie.
Résultat : vague d’invectives, d’insultes, de montages vidéo. Un lynchage numérique classique post-Korité/Tabaski. f465
Dans son sermon, l’imam Babacar Ndiour avait aussi fermement condamné l’homosexualité, les jeux de hasard et les violences dans les navétanes. 7b81
Oustaz Oumar Dème monte au créneau
La réplique ne s’est pas fait attendre.
Oustaz Oumar Dème, marabout et acteur politique à Thiès, a pris la défense des deux guides.
Son message : « Le pays va droit au mur si les religieux, qui ont toujours prêché dans l’intérêt général, sont marginalisés, insultés et lynchés ».
Pour lui, ces figures n’ont fait que rappeler les réalités sociales et les enjeux du quotidien. Il dénonce une instrumentalisation des réseaux sociaux contre les voix qui dérangent.
Un phénomène qui se répète chaque fête
Korité, Tabaski… les imams sont devenus des cibles faciles dès qu’ils touchent à la politique, à l’économie ou aux mœurs. Entre extraits tronqués et hashtags, le débat glisse vite vers l’injure.
Des voix s’élèvent pour appeler au respect des guides religieux et à plus de pédagogie dans les débats en ligne. D’autres estiment que les imams doivent « rester à leur place ».
