Au Mali, le bilan de l’attaque jihadiste du jeudi 10 septembre 2026 contre le camp de l’armée de la localité de Dioura, dans le centre, s’alourdit. Plusieurs dizaines de militaires maliens et de combattants russes ont été tués. Plus de cinquante militaires ont également été faits prisonniers.Selon des sources sécuritaires jointes par l’Agence France presse (Afp), au moins 50 militaires maliens et 5 paramilitaires russes du groupe Africa Corps ont été tués à Dioura.
D’autres sources évoquent 60 à 80 soldats maliens tués et une soixantaine de prisonniers.L’attaque, revendiquée par le Jnim lié à Al-Qaïda, est l’une des plus meurtrières depuis 15 ans.Elle n’est pas isolée. Depuis janvier 2026, les pertes s’accumulent et confirment un retour en force rebelle.
Le 9 mars, 10 soldats maliens et russes dont 3 Russes sont tués à Louguel près de Nampala. Le 25 avril, des attaques coordonnées des jihadistes du Jnim et du Front de libération de l’Azawad (Fla) frappent Bamako, Kati, Gao et Kidal. Le ministre de la Défense Sadio Camara est tué à Kati par un kamikaze.En juillet, l’hémorragie s’accélère au nord.
Entre le 4 et le 9 juillet, l’état-major reconnait lui-même 30 militaires tués et 60 blessés dans la bataille d’Anéfis. Le 18 juillet, au moins 50 autres militaires sont tués et 24 faits prisonniers dans une embuscade entre Anéfis et Gao. Le 8 septembre, 4 Russes et 7 chasseurs Dozos sont encore tués à Kaka près de Sofara.Bilan cumulé depuis janvier : au moins 190 à 250 militaires maliens tués, 140 à 160 faits prisonniers, et 12 paramilitaires russes d’Africa Corps tués.
Un bilan partiel qui ne compte pas les attaques d’avril.Cette saignée illustre pourquoi l’armée et son allié russe peinent à reconquérir. Le Jnim mène une guerre mobile à moto : prise temporaire d’un camp, pillage d’armes, repli avant les frappes. Africa Corps, successeur de Wagner, assure une puissance de feu ponctuelle mais ne peut tenir un territoire de 1,2 million de km2.Depuis la fin de l’Accord d’Alger et le départ de Barkhane et de la Minusma, Bamako a perdu son renseignement aérien et fait face à un double front : Jnim au centre, Fla au nord. Après la reprise de Kidal par les rebelles en avril, le dispositif gouvernemental s’est replié pour protéger Bamako, laissant le centre et le nord sous contrôle contesté.
