Le président syrien Ahmad al-Chareh a assuré dimanche son homologue émirati Mohamed ben Zayed Al-Nahyane de sa volonté de maintenir des «relations fraternelles» avec Abou Dhabi, qui avait dénoncé une violente manifestation contre son ambassade à Damas. Des dizaines de Syriens s’étaient rassemblés vendredi devant l’ambassade des Emirats arabes unis, certains tentant de prendre d’assaut le bâtiment. Des vidéos circulant en ligne avaient montré des manifestants arrachant le drapeau hissé sur l’ambassade. La présidence syrienne a annoncé que le chef de l’Etat avait insisté auprès de son homologue émirati sur «la profondeur des relations fraternelles» entre les deux pays et assuré que Damas était déterminé à «les renforcer et à les développer». Le ministère émirati des Affaires étrangères avait dénoncé samedi «des agressions» contre son ambassade et la résidence du chef de sa mission à Damas. Selon des participants, le rassemblement avait été organisé pour dénoncer l’adoption par le «parlement» de l’entité sioniste d’une loi instaurant la peine de mort «pour les terroristes» et taillée sur mesure pour ne s’appliquer qu’à des Palestiniens. L’entité sioniste et les Emirats ont signé en 2020 un traité de paix sous les auspices du président des Etats-Unis Donald Trump, dans le cadre des accords d’Abraham mais ils avaient déjà, depuis plusieurs années antérieures, des relations secrètes à la fois financières et humaines. Les médias n’ont pas obtenu une quelconque information ni sur les organisateurs de la manifestation ni sur les initiatives des autorités locales pour les contrecarrer. Le ministère syrien des Affaires étrangères avait alors condamné toute atteinte aux ambassades ou missions diplomatiques.La manifestation avait été précédée jeudi par un rassemblement de dizaines de Syriens devant l’ambassade des Emirats pour réclamer la libération d’un ancien chef islamiste syrien, détenu aux Emirats depuis un an. Issam Buwaydani dirigeait un groupe rebelle islamiste qui combattait le président déchu de Bachar al-Assad, avant son intégration aux nouvelles forces syriennes. Les Emirats avaient rétabli leurs relations avec le pouvoir d’Assad, rompues au début de la guerre civile en 2011.
Ahmad al-Chareh, qui a renversé Assad en décembre 2024 grâce à une coalition de groupes intégristes autour du mouvement Fateh el Shem, issu d’Al-Nosra, branche locale d’Al Qaïda, s’était rendu en visite officielle en avril 2025 aux Emirats.
