Le colonel Bienvenu Lamah, poursuivi dans le cadre d’un second procès du massacre de 2009, est incarcéré depuis la mi-novembre 2022. Les parties civiles ont annoncé qu’elles feront appel.
Un tribunal de Conakry a relaxé lundi 27 juillet un colonel de gendarmerie qui était notamment poursuivi pour « meurtres et viols » dans le massacre du 28-Septembre.
Le colonel Bienvenu Lamah est incarcéré depuis la mi-novembre 2022. Il fait partie d’un second groupe de sept personnes dont six sont toujours accusées d’avoir pris part à ce massacre et dont trois sont en fuite, le colonel Gono Sangaré et les soldats Jacques Maomy et Blaise Kpoghomou.
La Guinée a déjà organisé un premier procès historique qui a duré près de deux ans et à l’issue duquel l’ex-dictateur Dadis Camara avait été condamné à vingt ans d’emprisonnement pour crimes contre l’humanité. Il a ensuite été gracié fin mars 2025 par le chef de la junte, le général Mamadi Doumbouya. Sept autres accusés avaient aussi été condamnés à des peines allant jusqu’à la prison à perpétuité.
Le colonel Lamah était poursuivi dans ce deuxième procès pour notamment « complicité présumée d’abus d’autorité, assassinats, enlèvements et séquestrations » lors de la répression du rassemblement de l’opposition le 28 septembre 2009 à Conakry.
Les parties civiles feront appel
Lors du procès ouvert en janvier, il a rejeté les accusations, affirmant n’avoir aucune responsabilité dans ce massacre. Sa défense a plaidé l’acquittement. Le parquet avait requis une peine de dix ans de réclusion criminelle assortie de cinq années de sûreté.
Mais le tribunal de Dixinn (banlieue de Conakry) a ordonné sa « relaxe » et sa « remise en liberté immédiate », a indiqué lundi le juge de l’audience. Les avocats des parties civiles ont indiqué à la presse qu’ils feraient appel du jugement.
Le 28 septembre 2009, au moins 156 personnes ont été tuées, par balle, au couteau, à la machette ou à la baïonnette, et des centaines blessées, lors de la répression du rassemblement de l’opposition dans un stade de Conakry et ses environs, selon le rapport d’une commission d’enquête internationale mandatée par l’ONU.
Au moins 109 femmes ont été violées et d’autres séquestrées et retenues plusieurs semaines comme esclaves sexuelles. Les exactions ont continué plusieurs jours contre des femmes séquestrées et des détenus torturés dans ce qui est considéré comme l’un des épisodes les plus sombres de l’histoire contemporaine de la Guinée. Les chiffres réels du nombre de victimes sont plus élevés, selon des associations.
(Avec AFP)
