I. S. Badji, M. D. Traoré et M. Diagne ont été déférés ce lundi devant le procureur Saliou Dicko, chef du parquet de Pikine-Guédiawaye, au terme d’une enquête menée par la Brigade de recherches de la compagnie de gendarmerie de Keur Massar. Les trois hommes sont soupçonnés d’avoir introduit des dossiers frauduleux dans le cadre de l’opération annuelle d’achat de béliers organisée par la mutuelle de la Gendarmerie nationale à l’approche de la Tabaski, selon des sources de Seneweb.
Une opération sociale devenue cible de fraudeurs
Chaque année, la mutuelle de la Gendarmerie nationale met en place un dispositif permettant au personnel des forces armées, des corps paramilitaires et à certains fonctionnaires du corps enseignant d’acquérir des béliers destinés au sacrifice de l’Aïd el-Kébir, communément appelée Tabaski au Sénégal. Le mécanisme repose sur un paiement étalé sur quatre mois, rendant l’achat accessible à un large public.
Pour bénéficier de l’opération, chaque candidat doit constituer un dossier comprenant les trois derniers bulletins de salaire, une copie de la carte nationale d’identité, une copie de la carte professionnelle ainsi qu’une carte d’adhérent vendue à 2 000 FCFA par la mutuelle. La présence physique du demandeur ou d’un mandataire muni d’une procuration dûment signée et légalisée est également exigée. Les dossiers sont déposés au niveau de la Légion d’intervention (LGI) de Mbao, où ils sont soumis à une chaîne de contrôle associant les services de la solde et d’autres services compétents, avant toute validation.
C’est lors du traitement des dossiers de l’édition 2026 que la commission de contrôle a décelé les premières irrégularités. Les deux civils I. S. Badji et Matar D. Traoré ont été interceptés après avoir soumis des dossiers comportant de faux documents : fausses cartes professionnelles, faux bulletins de salaire et fausses copies de cartes nationales d’identité.
Selon les éléments de l’enquête, ces documents auraient été transmis par voie électronique – via l’application WhatsApp – par un certain A. Niang, présenté comme un agent des FDS en poste à Cap Skirring. Ce dernier aurait proposé à ses contacts de déposer les dossiers et d’en retirer les bons d’achat en échange d’une somme de 90 000 FCFA, soit un tarif nettement inférieur au prix officiel de 140 000 FCFA fixé par la commission de vente. L’écart de 50 000 FCFA par dossier représentait, pour l’instigateur présumé, une source de profit substantielle, en plus de la fraude réalisée sur chaque transaction.
I. S. Badji et M. D. Traoré, décrits comme des habitués de ce type de démarche, ont été appréhendés par la Brigade de recherches de Keur Massar alors qu’ils se trouvaient en possession de ces pièces que la commission a formellement déclarées fausses.
Un troisième suspect identifié
Au fil de l’enquête, les gendarmes de la Brigade de recherches de Keur Massar ont identifié un troisième suspect : M. Diagne, militaire à la retraite.
Au terme de l’enquête, les trois mis en cause ont été présentés ce lundi devant le procureur de la République Saliou Dicko, chef du parquet du tribunal de grande instance de Pikine-Guédiawaye.
