Blaise Lasm, secrétaire général adjoint du PPA-CI chargé des Grands Ponts, incarcéré avant l’élection présidentielle, est très malade. Afrique-Sur7, informé de l’état de santé du cadre de l’opposition ivoirienne, a approché ses avocats afin de s’enquérir de sa situation.
Embouteillage à la Polyclinique Farah
Le ministre Pierre Dimba et Ibrahime Kuibiert ont été aperçus à la Polyclinique Farah vendredi. Plus surprenant encore, Blaise Lasm, opposant politique et responsable du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI), détenu depuis le 30 septembre 2025 au Pôle pénitentiaire d’Abidjan (PPA), a lui aussi été aperçu vendredi à la Polyclinique Farah. Il se trouvait dans un état physique particulièrement préoccupant. Selon le témoignage recueilli par Afrique-Sur7.fr, l’opposant ivoirien se déplaçait en fauteuil roulant et semblait fortement diminué.
La présence des deux autres personnalités ivoiriennes dans cet établissement privé d’Abidjan a également attiré l’attention. Le ministre de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle, Pierre N’Gou Dimba, a notamment été aperçu dans ces locaux, tout comme Ibrahime Coulibaly-Kuibiert, ancien président de la Commission électorale indépendante et actuel président du Conseil d’État.
À ce stade, Afrique-Sur7.fr ne dispose d’aucune information permettant d’établir les raisons précises de la présence de Pierre Dimba et d’Ibrahime Coulibaly-Kuibiert à la Polyclinique Farah. On ignore, pour l’heure, s’ils s’y trouvaient pour recevoir des soins. Ils pouvaient également y être en visite auprès de proches ou participer à une rencontre professionnelle.
Le fauteuil roulant de Blaise Lasm inquiète, en revanche
La situation de Blaise Lasm apparaît, en revanche, beaucoup plus préoccupante. Une source d’Afrique-Sur7.fr, sous anonymat, affirme avoir croisé le cadre du PPA-CI à l’intérieur de la clinique privée. Son témoignage décrit un homme affaibli, méconnaissable et incapable de se déplacer sans assistance.
« Blaise Lasm ne va pas du tout bien. Il était dans une chaise roulante, très malade et complètement changé. Son cas est sérieusement inquiétant. Il y avait plusieurs agents des forces de l’ordre autour de lui alors qu’il ne semblait même pas pouvoir se tenir debout », rapporte notre témoin avant d’ajouter : « Ses surveillants ne voulaient voir aucun téléphone dans les lieux de peur qu’il soit pris en photo. »
À la suite de cette information, nous avons contacté ses avocats, dont Me Roselyne Aka-Sérikpa. Celle-ci avait une parfaite connaissance de l’état de santé préoccupant de son client. Ce lundi, elle a rencontré les autorités judiciaires afin de demander la prise des meilleures dispositions pour garantir les soins de son client.
Au regard de son état de santé, qu’elle juge elle aussi inquiétant, Me Roselyne Aka-Sérikpa s’est rapprochée de la chambre d’instruction en charge du dossier.
« Ils savent que mon client M. Blaise Lasm est effectivement malade et je dirait même très malade. Il avait été sorti pour des examens (à la polyclinique Farrah – où il a été aperçu par notre témoin). On l’a ensuite retourné en milieu carcéral et là on attend les résultats du diagnostique du médecin. »
Me Roselyne Aka-Sérikpa exige des dispositions particulières
Me Sérikpa a ajouté, en ce qui concerne la situation de son client : « J’estime que la procédure qui est menée contre lui n’est pas pour qu’il meurt. Il faut qu’il soit vivant pour répondre des accusations portées contre lui ». Elle insiste sur sa demande au juge d’instruction « l’urgence de la prise de dispositions pour maintenir son client en bonne santé pour la suite de la procédure. »
Blaise Lasm et Nestor Dahi, tous deux secrétaires généraux adjoints du PPA-CI, ont été inculpés et placés sous mandat de dépôt le 30 septembre 2025. Les deux responsables de la formation politique de Laurent Gbagbo sont notamment poursuivis pour « appels à l’insurrection, troubles à l’ordre public, atteinte à la sûreté de l’État et inobservation d’une décision du Conseil constitutionnel ».
Il y a quelques semaines c’est Nestor Dahi qui était victime d’un malaise largement relayé sur les réseaux sociaux. Il a par la suite été transféré dans une clinique il y a quelques jours. Ces vagues successives de cas de maladie sérieuses des détenus en dit long sur la dureté de leurs conditions de détention.
Nous y reviendrons.
