Environ 2 500 personnes ont défilé ce 25 juillet à Tunis contre le président Kaïs Saïed, au cinquième anniversaire de son coup de force institutionnel. Les manifestants dénonçaient aussi la détérioration des conditions de vie alors que le pays subit une forte vague de chaleur.
« Dégage! », « Ni eau, ni électricité, il n’y a que prison et hausse des prix », ont scandé les manifestants qui ont défilé dans les rues de Tunis lors du cinquième anniversaire du coup de force de Kaïs Saïed.
« Nous sommes sortis aujourd’hui pour demander des comptes » et dénoncer les « dysfonctionnements », a dit Wissem Sghaier, porte-parole du parti d’opposition Al Joumhouri. « Cette marche est un appel populaire, un appel citoyen pour retrouver les valeurs et les principes de la République », a de son côté affirmé l’universitaire Mouldi Gassoumi.
La vague de chaleur attise la colère
Le pays vit, en pleine vague de chaleur, au rythme des coupures d’électricité et parfois d’eau. Les coupures de courant sont programmées afin d’alléger la pression sur un réseau électrique dépassé par la demande, notamment due à la climatisation. Elles ont attisé la colère et l’inquiétude, notamment pour les hôpitaux.
Ce 25 juillet, l’Organisation tunisienne des jeunes médecins (OTJM) a appelé à aider le personnel de santé par des dons, notamment de « glace alimentaire » pour les patients souffrant de coups de chaleur, et exhorté les étudiants en médecine à se porter volontaires dans les services d’urgence.
Le président de l’OTJM a affirmé cette semaine sur Facebook que, selon des données recueillies par de jeunes médecins, entre 150 et 200 décès liés à des coups de chaleur avaient été enregistrés ces derniers jours. Les autorités n’ont communiqué aucun bilan officiel. Sollicité, le ministère de la Santé n’a pas répondu.
L’ambassadrice de France convoquée
Le vendredi 24 juillet, l’ambassadrice de France à Tunis a été convoquée à la suite de la diffusion, par une « chaîne publique française », d’un entretien « avec une personne recherchée par la justice tunisienne » a annoncé le ministre des Affaires étrangères.
« Cet entretien comporte des atteintes à la souveraineté de l’Etat tunisien, vise sa sécurité nationale ainsi que ses institutions, et constitue un appel explicite à la sédition et aux affrontements internes », a-t-il précisé.
Ni la chaîne, ni la personne concernée n’ont été identifiées. Mais il s’agirait, selon un commentateur considéré comme proche des cercles du pouvoir, de France 24 et d’un entretien récent avec l’ancien président tunisien Moncef Marzouki.
(Avec AFP)
