Une étude, publiée dans la revue « Science », révèle que le démantèlement de l’agence des États-Unis pour le développement international (Usaid) a provoqué une hausse des actes de violence sur le continent, de nombreux jeunes se révoltant ou s’engageant dans des groupes armés.
Lorsque le Département de l’efficacité gouvernementale (DOGE), dirigé par Elon Musk, annonçait, au début du second mandat de Donald Trump, des coupes claires dans le budget d’une agence des États-Unis pour le développement international (USAID), au passage qualifiée d’ « organisation criminelle », chacun imaginait sans peine les dégâts qui allaient en découler sur le plan social. Si les chercheurs ont largement documenté les difficultés auxquelles sont confrontés les responsables des systèmes de santé, les pourvoyeurs d’aide alimentaire ou encore les gestionnaires des programmes socio-économiques, une étude récemment publiée dans la revue Science révèle que ces mesures ont eu des conséquences plus inattendues.
À la suite de la suppression de 83% des programmes de financement et du transfert, au Département d’État, du reste des activités traditionnellement dévolues à l’USAID, les épisodes de violence ont crû, sur le continent africain, d’environ 5% à 10% en l’espace d’une seule année.
Données de géolocalisation
Les auteurs de l’étude ont croisé les données de géolocalisation des versements habituels de l’USAID avec les événements violents recensés par des organisations spécialisées dans l’observation des conflits, comme l’ONG Armed Conflict Location and Event Data (Acled). Des centaines d’incidents supplémentaires ont ainsi été relevés, précisément dans les zones géographiques qui dépendaient le plus, précédemment, de l’aide américaine.
Les auteurs de l’étude évoquent ainsi les manifestations d’anciens bénéficiaires de l’aide dans le camp de réfugiés de Kakuma, dans le nord-ouest du Kenya, ou encore le parcours de jeunes Sud-Soudanais privés d’un programme d’emploi destiné à les dissuader de rejoindre les groupes armés. Les enquêteurs ont d’ailleurs rencontré des difficultés pour obtenir certaines statistiques, dont la collecte était habituellement financée par… l’USAID.
