La RDC et le groupe armé AFC/M23 se sont mis d’accord afin de faciliter l’aide humanitaire et de libérer des prisonniers dans un délai de dix jours, selon un communiqué publié ce 19 avril à l’issue de pourparlers en Suisse.
Les négociations, dont le Qatar faisait office d’intermédiaire, se sont achevées le 17 avril à Montreux, en Suisse. « Le gouvernement de la RDC et l’AFC/M23 ont convenu de l’importance cruciale d’assurer une aide humanitaire vitale à la population de l’est de la RDC », écrivent les deux parties dans un communiqué conjoint rendu public deux jours plus tard, dimanche 19 avril, précisant que l’aide humanitaire doit être « rapide, sans entrave et soutenue ».
Ils « ont convenu de respecter l’ensemble des obligations qui leur incombent en vertu du droit international humanitaire, du droit international des droits de l’homme et du droit international des réfugiés », poursuit le document.
Libération de prisonniers et protection des civils
« Les parties ont accepté de s’abstenir de toute action qui compromettrait la fourniture d’une aide humanitaire délivrée sur la base des principes humanitaires dans les territoires affectés par le conflit », et « ont également convenu de procéder, dans un délai de dix jours, à la libération de prisonniers » afin de « continuer à renforcer la confiance », indique aussi le communiqué. Ils ont affirmé également que la protection des civils « demeure primordiale pendant la conduite des hostilités ».
Un protocole d’accord a également été signé, qui met en œuvre des mécanismes de vérification du cessez-le-feu. Les pourparlers de Montreux ont réuni des représentants du gouvernement de la RDC et du M23, ainsi que de son bras politique, l’Alliance Fleuve Congo (AFC). Étaient aussi présents des représentants du Qatar, des États-Unis, de la Suisse, de la Commission de l’Union africaine (UA) et du Togo, en tant que médiateur de l’UA.
L’accord de Washington n’a pas mis fin aux combats
Depuis la fin de l’année 2021, l’AFC/M23, avec le soutien du Rwanda, s’est emparé de vastes pans de territoire dans l’est de la RDC riche en ressources.
La RDC et le Rwanda avaient déjà entériné en décembre un accord de paix sous l’égide des États-Unis, qui n’a pas mis fin aux combats. Quelques jours après la signature de l’accord, le département d’État avait relevé la prise par le M23 de la ville stratégique d’Uvira, dans la province orientale du Sud-Kivu, provoquant l’ire de Washington.
Tout en niant apporter un soutien militaire au M23, le Rwanda affirme faire face à une menace existentielle en raison de la présence, dans l’est de la RDC, de groupes armés liés aux auteurs du génocide des Tutsi au Rwanda en 1994.
(Avec AFP)
