»La Constitution actuelle est un acte de vente. D’accord ? Notre pays a été vendu », Abel Mutombo, UDPS.
Cette visite intervient alors que la RDC est l’un des pays dont la Belgique enregistre un grand nombre de demandeurs d’asile.
C’est justement dans ce contexte de forte hausse des demandes d’asile de ressortissants congolais en Belgique qu’intervient la visite de la ministre Anneleen Bossuyt. Environ 1.250 demandes en 2023. Ce chiffre a doublé en 2025. Au cours des trois premiers mois de l’année 2026, la Belgique a enregistré plus de 450 demandes des Congolais.
« Avec ces chiffres, la RDC est actuellement à la troisième place des demandes de protection internationale en Belgique après l’Afghanistan et la Palestine. Je voudrais rappeler que la procédure d’asile est réglementée par la convention de Genève. Elle est recommandée pour les personnes qui sont victimes de persécutions graves et qui craignent pour leur vie ou leur liberté. Or, nous constatons que la plupart des demandeurs d’asile congolais ne remplissent pas les critères de la convention de Genève » affirme la ministre Anneleen Bossuyt.
Respect des procédures d’immigration
Selon la ministre Anneleen Bossuyt, ces Congolais qui viennent de Kinshasa ne sont pas en danger. Sa visite vise donc à sensibiliser sur la situation en Belgique et sur le respect des procédures de migration, explique-t-elle d’éviter les conséquences désastreuses d’une immigration clandestine.
Bob Kabamba, enseignant à l’université de Liège, en Belgique, estime pour sa part qu’il sera impossible pour la Belgique de mettre fin à ce phénomène.
« On peut penser que ces demandes d’asile viennent essentiellement de la région est, c’est-à-dire la région où il y a la guerre, mais on constate que la plupart d’entre eux viennent de Kinshasa et avec des documents en bonne et due forme. L’office des étrangers dit effectivement qu’il s’agit plutôt d’une espèce de migration économique déguisée. Il sera impossible pour la Belgique de faire arrêter ce phénomène », soutient Bob Kabamba.
Les demandes sont nombreuses, mais seule une faible proportion des demandeurs obtiennent une protection, selon la ministre Anneleen Bossuyt. Elle ajoute qu’en 2025 par exemple, moins de 15% des demandes congolaises ont été acceptées.
Auteur: Jean-Noël Ba-Mweze
En 2024, lors d’un déplacement dans la ville de Kisangani, dans le nord-est du pays, Félix Tshisekedi a fustigé une Constitution truffée de »faiblesses » et » inadaptée aux réalités du pays ».
Depuis, ses adversaires l’accusent de vouloir briguer un troisième mandat.
« On n’a pas besoin de ce mandat-là, du troisième mandat. Nous, nous voulons d’abord qu’il y ait la paix. Il n’y a plus la guerre et c’est à ce moment-là on va parler de ce mandat-là calmement. S’il s’agit de voir comment est-ce que nous devons procéder pour de nouvelles bases. », déclare Leon Niondo, partisan de l’UDPS.
Les nouvelles bases, c’est en filigrane, une nouvelle constitution. Le chef de l’Etat congolais avait déjà appelé à « une réflexion nationale sur la réforme constitutionnelle ». L’actuelle étant considérée comme caduque par ses partisans.
»La Constitution actuelle est un acte de vente. D’accord ? Notre pays a été vendu. Aujourd’hui, nous, les Congolais, voulons reprendre notre pays en modifiant la Constitution. C’est tout ce dont il s’agit, c’est la raison, la justification. C’est ce qui compte. », déclare Abel Mutombo, militant de l’UDPS.
La tradition des »parlements de rue » a vu le jour dans les années 1970, sous l’impulsion du père de l’actuel président, Étienne Tshisekedi, alors chef de l’opposition, pour contester le régime autoritaire du dictateur Mobutu Sese Seko.
