L’État du Sénégal tablait sur des recettes internes de l’ordre de 5740,7 milliards FCFA pour l’année 2026. Mais, ces prévisions sont, à présent, chamboulées par les évènements. Le conflit au Moyen-Orient a fait grimper les prix du pétrole, au moment où les cours du Brent ont explosé de 73 dollars en février 2026 à plus de 110 milliards de dollars en avril 2026.
Selon le ministère des Finances, ces développements ont remis en cause les équilibres budgétaires de la Loi de finances initiale 2026. Celle-ci a été bâtie sur une hypothèse de prix moyen de 64 dollars le baril.
Les équilibres budgétaires remises en cause
Aujourd’hui, l’hypothèse d’un prix moyen annuel du baril de 89 dollars induit deux principales conséquences, selon le ministère des Finances : une hausse significative des subventions au secteur de l’énergie, (qui grimpent à 729 milliards FCFA contre une prévision de 250 milliards), et des moins-values de recettes de 321,6 milliards FCFA.
Et donc, la crise exerce des effets sur l’équilibre même des finances publiques, «à travers les subventions aux produits pétroliers, la compensation tarifaire versée à Senelec, les recettes tirées de la fiscalité applicable aux importations de produits pétroliers ainsi que les recettes issues de l’exploitation des hydrocarbures (Sangomar et GTA)».
Moins-values de 381,3 milliards pour le PRES de Sonko
En conséquence, les recettes internes reculeront de 5740,7 milliards FCFA à 5 419,1 milliards FCFA, prévient le département dans un document consulté par Seneweb. Une situation qui, selon le ministère des Finances, s’explique principalement par «les moins-values enregistrées sur les recettes attendues du plan de redressement économique et social (-381,3 milliards FCFA)». Celles-ci seront un peu atténuées par les plus-values attendues des recettes non fiscales et sur d’autres lignes de recettes fiscales pour un montant total de 59,7 milliards.
Des coupes budgétaires de 687.2 milliards FCFA
Pour faire face à cette très délicate situation, le Gouvernement a opéré des coupes budgétaires significatives. Elles se chiffrent à 687.2 milliards FCFA. Sur les ressources internes, 19.8 milliards ont été coupés sur les crédits de fonctionnement et 386,3 milliards sur les crédits d’investissement. Ces coupes sont complétées par «des modulations effectuées sur les dépenses d’investissement sur ressources externes pour un montant de 300,9 milliards».
Le ministère des Finances rassure, une LFR prévue
Le ministère rassure, cependant, avoir préservé les dépenses obligatoires et sensibles telles que le fonctionnement des postes diplomatiques et consulaires, les Fonds de dotation aux collectivités territoriales, les dépenses liées à l’éducation, à la santé et à la sécurité sans oublier les subventions essentielles au secteur agricole et les charges salariales.
La loi de Finances rectificative à venir prévoit des mesures additionnelles d’un montant de 130,4 milliards FCFA en vue d’assurer la couverture budgétaire de certaines dépenses jugées prioritaires, indique le département.
