La contestation prend de l’ampleur au sein du Trésor public. Réunis en assemblée générale extraordinaire ce samedi 23 mai, les membres du Syndicat Unique des Travailleurs du Trésor (SUTT) ont affiché leur ferme opposition au projet de transfert du recouvrement des impôts locaux à la Direction générale des Impôts et Domaines (DGID), une réforme qui suscite une vive inquiétude chez les agents du Trésor.
Dans une salle acquise à la cause syndicale, responsables et travailleurs ont dénoncé ce qu’ils considèrent comme une remise en cause des missions historiques du Trésor public. Selon eux, cette compétence est assurée depuis plusieurs années avec « efficacité, rigueur et professionnalisme » par leurs services, et son retrait pourrait fragiliser l’organisation actuelle des finances publiques.
Les échanges ont été marqués par des prises de parole parfois très critiques à l’égard de cette réforme jugée « inopportune » et « injustifiée ». Plusieurs responsables syndicaux ont alerté sur les conséquences administratives et sociales qu’un tel transfert pourrait entraîner, notamment sur le fonctionnement interne du Trésor et la stabilité des emplois dans le secteur.
Pour le SUTT, cette réorganisation risque également de créer des déséquilibres institutionnels dans la chaîne de gestion des recettes publiques. Les travailleurs estiment que le Trésor dispose déjà de l’expertise et des mécanismes nécessaires pour assurer efficacement cette mission stratégique liée aux collectivités territoriales.
Face à cette situation, le syndicat appelle à l’intervention du ministère des Finances et du Budget afin d’éviter une escalade des tensions. Les représentants des travailleurs souhaitent l’ouverture rapide d’un dialogue susceptible de préserver les prérogatives du Trésor public tout en garantissant la stabilité du système de gestion financière de l’État.
Déterminés à défendre leurs acquis, les membres du SUTT annoncent qu’ils restent mobilisés et n’excluent pas le recours à des actions syndicales dans les prochains jours si leurs préoccupations ne sont pas prises en compte.
Cette montée de tension intervient dans un contexte où les réformes administratives et financières suscitent de plus en plus de débats au sein des régies financières, particulièrement sur les questions liées à la répartition des compétences entre administrations publiques.
