Alors que les députés de Pastef-Les Patriotes accélèrent pour modifier les articles L.29 et L.30 du Code électoral, plusieurs organisations de la société civile montent au créneau. Elles dénoncent un calendrier législatif jugé « précipité » et réclament un débat inclusif sur la refonte du fichier électoral avant les locales de 2027.
Pastef veut aller vite sur les inéligibilités
Le 2 avril 2026, le groupe parlementaire Pastef, conduit par Mohamed Ayib Salim Daffé, a déposé une proposition de loi pour modifier la loi n°2021-35 du 23 juillet 2021 portant Code électoral, les articles L.29 et L.30 qui fixent les cas d’exclusion des listes électorales. Le 13 avril, le bureau de l’Assemblée nationale a déclaré le texte recevable, ouvrant la voie à l’examen en commission puis en plénière. Des sources médiatiques parlent d’une volonté d’« accélérer le processus » pour un vote rapide.
L’enjeu politique : Sonko 2029 en toile de fond
Les promoteurs disent vouloir mettre fin à « l’incapacité électorale comme arme d’exclusion politique ». Mais le contexte pèse : une requête en révision du procès en diffamation Sonko vs Mame Mbaye Niang est pendante devant la Cour suprême. L’article L.30 avait déchu Ousmane Sonko de son droit de vote après sa condamnation à 6 mois avec sursis et 200 millions FCFA d’amende. Pour Pastef, il s’agit de « lever tous les écueils » à une future candidature. Le député Ismaïla Wone assure que la démarche est « préventive et institutionnelle » et que « ça n’empêchera pas la candidature d’Ousmane Sonko en 2029 » même si les textes restent en l’état.
Or les locales sont prévues en 2027. Cela fait de 2026 une « année préélectorale consacrée à une révision exceptionnelle des listes ». Procédure attendue : un décret fixe la date des locales, puis un second décret convoque le corps électoral pour la révision exceptionnelle en 2026.
Pastef a lui-même rappelé ces règles en janvier 2026, qualifiant de « totalement infondées » les rumeurs de révision ordinaire en février. La société civile exige donc que ce calendrier soit respecté : d’abord les décrets, ensuite la refonte du fichier, avec observateurs nationaux disposant d’une « période d’observation plus longue » comme prévu au R.18.
La proposition Pastef est dans le circuit législatif. Les débats s’annoncent « soutenus » dans un contexte de « vives tensions autour des réformes électorales ». La société civile prévient que sans concertation large incluant partis, CENA, DGE et observateurs, elle mobilisera pour « bousculer » le calendrier parlementaire. Elle exige la publication rapide des deux décrets sur les locales 2027 et la révision exceptionnelle 2026, avant tout vote sur les L.29-L.30.
