À la veille d’une nouvelle résolution du Conseil de sécurité sur le Sahara occidental, l’Algérie, l’Afrique du Sud et la Namibie ont multiplié les initiatives diplomatiques à New York pour défendre les positions du Polisario et s’opposer à une évolution du mandat de la MINURSO.
Les 28 et 29 octobre, l’Algérie a organisé au siège des Nations unies une conférence intitulée «Le droit à l’autodétermination, responsabilité humanitaire, futur du peuple du Sahara occidental». L’événement, consacré à la question saharienne, s’inscrit dans une séquence diplomatique marquée par les discussions sur l’avenir de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO), dont le mandat arrive à échéance le 31 octobre.
La conférence a été organisée sous l’égide de la mission permanente algérienne auprès de l’ONU, dirigée par l’ambassadeur Amar Bendjama. Des diplomates de plusieurs pays africains, dont l’Angola, la Namibie, l’Afrique du Sud et l’Ouganda, y ont participé. Oxfam était également représentée, notamment autour des besoins humanitaires des populations des camps de Tindouf.
Cette initiative intervient après l’annulation d’une exposition photographique consacrée à l’exil sahraoui, organisée par la Namibie avec le soutien de plusieurs pays, dont l’Algérie et l’Afrique du Sud. Prévue au siège de l’ONU du 27 au 30 octobre, l’exposition a été démantelée par le Secrétariat des Nations unies après une intervention de la mission marocaine, qui contestait le caractère politique des messages présentés.
Alger et Pretoria affichent leur convergence
Le soutien de l’Afrique du Sud au Polisario s’est également manifesté sur le terrain diplomatique. Son ambassadeur à Alger s’est rendu au camp de Rabouni, où il a rencontré Brahim Ghali et réaffirmé le soutien de Pretoria à la cause sahraouie.
Le 15 octobre, le ministre sud-africain des Affaires étrangères, Ronald Lamola, avait rencontré à Alger son homologue Ahmed Attaf dans le cadre de la commission bilatérale entre les deux pays. Dans leur communiqué commun, les deux ministres ont réitéré leur position en faveur du Polisario, confirmant la convergence diplomatique entre Alger et Pretoria sur le dossier du Sahara occidental.
La Namibie a, pour sa part, pris part aux démarches menées à New York, notamment à travers l’organisation de l’exposition photographique finalement annulée.
Parallèlement, plusieurs organisations non gouvernementales favorables aux revendications du Polisario ont adressé une lettre aux membres du Conseil de sécurité. Elles les exhortent à ne pas modifier le mandat de la MINURSO et contestent la perspective de faire du plan d’autonomie marocain la solution la plus réaliste au conflit.
Ces initiatives interviennent alors que les membres du Conseil de sécurité doivent se prononcer sur l’avenir de la mission onusienne. Les discussions portent notamment sur les orientations à donner au processus politique, dans un contexte où le Maroc défend son plan d’autonomie et où l’Algérie et le Polisario continuent de plaider pour l’autodétermination du peuple sahraoui via un référendum. Le projet de résolution rédigé par les Etats-Unis et amendé par la Chine et la Russie, apporte plusieurs changement en faveur du Maroc.
