La malnutrition représente un défi majeur pour le Sénégal, tant sur le plan sanitaire qu’économique. Ses conséquences coûtent chaque année près de 400 milliards de francs CFA à l’État, selon le secrétaire exécutif du Conseil national de développement de la nutrition (CNDN), Dr Mbaye Séne.
Cette déclaration a été faite lors d’une journée d’orientation organisée à l’intention des membres de l’Association des journalistes en santé, population et développement autour du thème : « La nutrition, levier fondamental pour le développement du capital humain ».
Pour Dr Mbaye Séne, les effets de la sous-nutrition vont bien au-delà des seules questions de santé. Les carences nutritionnelles observées durant les premières années de vie ont des conséquences durables sur la croissance physique, le développement cognitif et la capacité productive des individus à l’âge adulte.
« Si nous n’investissons pas aujourd’hui dans la nutrition, nous aurons demain une population davantage exposée aux maladies chroniques et moins performante sur le plan économique », a-t-il averti dans les colonnes de l’APS visitée par Senego, rappelant que la prévention reste l’approche la plus efficace pour réduire les coûts humains et financiers liés à la malnutrition.
Le responsable du CNDN a également insisté sur l’importance d’une alimentation équilibrée et diversifiée. Il a notamment mis en garde contre les déficits en micronutriments essentiels tels que la vitamine D, le calcium, le zinc et le sélénium, dont les effets sur la santé sont souvent sous-estimés.
Selon lui, les actions de prévention doivent commencer dès la grossesse et se poursuivre durant les mille premiers jours de vie de l’enfant, une période cruciale pour son développement physique et intellectuel.
Dr Mbaye Séne a par ailleurs attiré l’attention sur la situation des personnes âgées, estimant que cette catégorie de la population demeure insuffisamment prise en compte dans les politiques nutritionnelles, malgré des besoins spécifiques importants.
Plaidant pour une approche inclusive, il a appelé à une mobilisation de tous les acteurs concernés. Les médias, les réseaux sociaux, les langues nationales ainsi que les relais communautaires doivent, selon lui, jouer un rôle central dans la sensibilisation des populations et la diffusion des bonnes pratiques alimentaires.
Le secrétaire exécutif du CNDN a enfin réaffirmé l’ambition des autorités de réduire significativement le retard de croissance chez les enfants. Pour lui, investir davantage dans la nutrition constitue un levier stratégique pour renforcer le capital humain, améliorer la productivité nationale et garantir la viabilité du système de santé sénégalais à long terme.
