Les États-Unis ont vivement réagi à l’arrestation, par les autorités sud-africaines, de personnes présentées comme des « responsables américains » impliqués dans des activités humanitaires en faveur des Afrikaners. Dans un communiqué sans détour, le Département d’État américain dénonce une « tentative d’intimidation » et menace Pretoria de « conséquences importantes » si les responsables ne sont pas sanctionnés.
Washington juge également « inacceptable » la diffusion des données personnelles des personnes interpellées, assimilée à une forme de persécution. Les autorités américaines exigent des mesures immédiates pour garantir la sécurité de leurs ressortissants et agents opérant légalement à l’étranger.
Du côté sud-africain, la version officielle diverge radicalement. La porte-parole du ministère de l’Intérieur, Carli van Wyk, affirme qu’aucun fonctionnaire américain n’a été arrêté. Selon elle, l’opération policière menée à Johannesbourg visait sept citoyens kényans entrés avec des visas touristiques et employés illégalement dans un centre de traitement de demandes migratoires liées au programme américain de réinstallation des réfugiés. Les personnes concernées ont été notifiées de leur expulsion et interdites de territoire sud-africain pour cinq ans.
Parallèlement, la pression américaine s’accentue dangereusement autour du Venezuela. Accusant Caracas — sans preuves publiques — de laxisme dans la lutte contre le narcotrafic, Washington a renforcé sa présence militaire dans les Caraïbes avec un groupe aéronaval conduit par le porte-avions Gerald R. Ford, un sous-marin nucléaire et plus de 16.000 militaires.
Depuis septembre, des frappes américaines ont visé des vedettes rapides soupçonnées de transporter de la drogue, causant la mort de plus de 80 personnes selon les chiffres disponibles. Le 29 novembre, Donald Trump a annoncé la fermeture de l’espace aérien vénézuélien, avant d’imposer, mi-décembre, un blocus destiné à empêcher toute entrée jugée « non autorisée » sur le territoire vénézuélien.
Le président américain est allé plus loin, conditionnant la levée de la pression militaire à la restitution supposée par Caracas de ressources « volées » aux États-Unis, notamment le pétrole et les terres.
Face à ce qu’il qualifie d’« agression ouverte et criminelle », le président vénézuélien Nicolas Maduro affirme que son pays est prêt à défendre sa souveraineté « en toutes circonstances ». Il accuse Washington de vouloir imposer un « gouvernement marionnette » et de transformer le Venezuela en colonie.
Caracas a saisi en urgence le Conseil de sécurité de l’ONU pour exiger le respect du droit international et de la Charte des Nations unies. La Russie a publiquement soutenu cette démarche, condamnant les ambitions américaines dans la région. Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, évoque un rejet quasi généralisé de la politique américaine, à l’exception de certains États européens restés silencieux.
La France, pour sa part, adopte une position mesurée. Sans condamner explicitement les actions américaines, Paris appelle à éviter toute escalade et réaffirme son attachement au droit international. Une prudence diplomatique qui n’a pas échappé aux observateurs, notamment africains, attentifs aux doubles standards dans la gestion des crises internationales.
Sur le plan intérieur et militaire, Donald Trump soigne sa posture de chef de guerre et de bâtisseur. Il a annoncé la construction de 1.600 centrales électriques en douze mois pour faire chuter les prix de l’électricité, ainsi qu’un retour assumé au charbon. Il se félicite également de la baisse du prix de l’essence et d’un recrutement militaire record en 2025.
Le président américain affirme diriger « l’armée la plus puissante du monde » et annonce une prime exceptionnelle de 1.776 dollars pour 1,45 million de soldats, en référence à l’année de fondation des États-Unis.
De l’Afrique du Sud au Venezuela, en passant par l’océan Pacifique où l’armée américaine mène des frappes antidrogue meurtrières, la stratégie américaine apparaît de plus en plus coercitive. Une posture qui interroge sur l’avenir du multilatéralisme et sur la capacité des institutions internationales à contenir l’unilatéralisme des grandes puissances.
Pour de nombreux observateurs africains, cette séquence rappelle une réalité persistante : dans l’ordre mondial actuel, la loi du plus fort continue souvent de primer sur le droit international
