Le président ukrainien Volodymyr Zelensky s’est dit prêt à rencontrer son homologue russe Vladimir Poutine lors du sommet du G20 à Miami en décembre, mais le Kremlin a répondu samedi que cela était « impossible ».
« C’est impossible », a déclaré depuis New Delhi le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov. Interrogé par l’AFP sur la possibilité d’organiser cette rencontre dans un autre lieu que Miami, il a répondu : « Il y a une volonté de le rencontrer à Moscou ».
Washington a récemment tenté de ranimer les efforts diplomatiques, longtemps au point mort, pour mettre fin à la guerre entre la Russie et l’Ukraine. Une démarche qui s’est notamment traduite par la visite des émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner à Moscou et à Kiev le week-end dernier.
Les Etats-Unis assurent cette année la présidence du G20. Début septembre, le ministre russe des Finances Anton Silouanov avait été accueilli à une réunion du G20 en Caroline du Nord, provoquant un « malaise » parmi les alliés européens de l’Ukraine. La diplomatie russe a par ailleurs annoncé samedi que Moscou enverrait certains responsables à une réunion du G20 consacrée à l’énergie, prévue à Houston la semaine prochaine.
Interrogé par la chaîne allemande Deutsche Welle sur la possibilité de rencontrer Vladimir Poutine lors du G20 si les deux dirigeants étaient invités, Volodymyr Zelensky a répondu : « Oui, bien sûr. Nous devons venir. Nous devons nous rencontrer, parler et prendre des décisions ».
« Ce ne sont pas les mots qui comptent. Ce que je vais lui dire ou ce qu’il veut me dire, ça n’a pas d’importance. (…) Seul le résultat compte », a-t-il ajouté dans cet entretien réalisé vendredi.
Le Kremlin a toutefois indiqué n’avoir pris, à ce stade, aucune décision concernant une éventuelle participation de Vladimir Poutine au sommet du G20.
« Nous ne savons pas encore si nous irons à Miami ou non », a déclaré Dmitri Peskov à l’agence d’Etat Tass. Plus tôt, le conseiller diplomatique du Kremlin Iouri Ouchakov avait indiqué au média Izvestia que la question « n’a pas été discutée ».
Revenant sur la récente visite des émissaires américains, Volodymyr Zelensky l’a qualifiée de « bon signal », soulignant l’importance de leur déplacement à la fois à Kiev et à Moscou. « C’est une marque de respect envers notre peuple », a-t-il relevé.
Le président ukrainien a également annoncé son intention de rencontrer Donald Trump à la fin du mois de septembre, alors que Washington accentue ses efforts pour favoriser la reprise de pourparlers entre Kiev et Moscou.
Volodymyr Zelensky a estimé que l’Ukraine était « désormais en bonne position pour négocier », affirmant qu’elle était « bien plus forte sur le champ de bataille qu’elle ne l’était l’année dernière ».
Le président ukrainien avait indiqué en début de semaine tabler sur une reprise des pourparlers avec Moscou dès ce mois-ci afin de trouver une issue à la guerre. La Russie s’est montrée plus réservée, estimant qu’il était « trop tôt » pour évoquer concrètement une telle rencontre.
Plusieurs cycles de négociations ont déjà échoué. La confiance entre les deux parties demeure faible et rien ne laisse entrevoir, à ce stade, une évolution significative des positions de Moscou ou de Kiev.
Quatre ans et demi après le début de l’invasion russe de l’Ukraine, la Russie poursuit ses frappes de missiles et de drones, visant notamment de nombreuses infrastructures civiles et faisant un nombre croissant de victimes.
Kiev a également intensifié ses frappes de longue portée contre des cibles situées sur le territoire russe, visant notamment des raffineries et des entrepôts logistiques.
Des frappes russes menées dans la nuit ont fait quatre morts en Ukraine, dont deux à Zaporijjia, dans le sud du pays, et deux dans une usine d’ArcelorMittal à Kryvyï Rig, dans le centre, selon les autorités locales et l’entreprise.
Dans la ville portuaire d’Odessa, sur la mer Noire, des frappes russes de missiles et de drones ont touché des immeubles d’habitation, détruisant des étages entiers et faisant 35 blessés, dont un bébé de cinq mois, selon le gouverneur régional Oleg Kiper.
Au cours de l’entretien, Volodymyr Zelensky a également renouvelé son appel aux alliés de l’Ukraine afin qu’ils fournissent davantage de missiles pour renforcer les capacités de défense aérienne du pays face aux attaques russes.
