Selon le compte-rendu d’audience publié par L’Observateur, le tribunal des flagrants délits de Dakar a examiné une affaire d’« escroquerie à la dot » et d’abus de confiance opposant P. S. Ndiaye, patron de la société « Aide Afrique », à son ex-compagne, A. Ba.
Les deux protagonistes se sont connus en 2021 et avaient nourri un projet de mariage, rembobine le journal. Selon le plaignant, cette perspective l’a conduit à couvrir sa compagne et sa famille de largesses colossales. Cité par la même source, il affirme lui avoir offert trois parcelles dans la région de Dakar, une maison sous titre foncier destinée à devenir leur résidence conjugale, un véhicule de marque GMC muté à son nom en 2023, ainsi que des bijoux en or estimés à 40 millions de francs CFA.
Le chef d’entreprise soutient également avoir financé plusieurs appartements successifs : un premier logement de luxe, un autre à Mermoz loué à 300 000 FCFA par mois, puis un troisième à la Cité Keur Gorgui pour un loyer de 400 000 FCFA par mois, tout en lui versant 500 000 FCFA d’argent de poche chaque mois.
Ndiaye a aussi déclaré avoir favorisé le parcours professionnel de sa compagne, notamment en facilitant son recrutement à l’Ageroute, où elle percevait plus d’un million par mois, avant de l’intégrer à sa propre société « Aide Afrique », où elle occupait les fonctions d’assistante chargée des projets pour une rémunération mensuelle de 1,5 million. Enfin, il affirme avoir déboursé, depuis son compte à la BNDE, environ 10 millions pour financer les billets d’avion destinés au pèlerinage à La Mecque des parents de la jeune femme.
Le plaignant a expliqué avoir appris, alors qu’il se trouvait aux États-Unis, qu’A. Ba avait finalement été donnée en mariage à un autre homme. Selon ses déclarations, c’est elle-même qui l’en a informé par téléphone le 23 novembre 2025, l’union ayant été célébrée cinq jours plus tard, le 28 novembre.
À la barre, la prévenue a rejeté en bloc les accusations d’escroquerie et d’abus de confiance. Précisant son parcours, elle a rappelé avoir travaillé sur un projet de la Banque mondiale, puis au sein du cabinet « MSA » pendant huit mois, avant de rejoindre « Aide Afrique » à la demande de son ex-compagnon.
Elle a fermement soutenu n’avoir jamais donné son consentement définitif à un mariage avec ce dernier, affirmant que tous les biens reçus l’avaient été à titre de cadeaux librement consentis. Concernant les billets pour La Mecque, elle a objecté qu’il s’agissait d’un aménagement financier déduit de son propre salaire selon un moratoire étalé sur 10 mois.
À l’issue des débats, le parquet a requis l’application de la loi. La défense, assurée par Mes Taha Cissé et Sarr, a plaidé la relaxe. En paraphrasant Charles Baudelaire (« Je suis la plaie et le couteau, je suis le soufflet et la joue »), les conseils ont souligné l’absence totale de manœuvres frauduleuses ou de faux. Suivant la ligne de la défense, le tribunal a finalement renvoyé A. Ba des fins de la poursuite, sans peine ni dépens.
