L’enseignant-chercheur en sciences politiques à l’université Gaston Berger (UGB) de Saint-Louis, Moussa Diaw, a déclaré que la volonté des nouvelles autorités de recentrer les «ministères régaliens» (Justice et Intérieur) autour de personnalités beaucoup plus proches de Pastef, est dans l’ordre naturel des choses en matière de politique, tout en soulignant que ce remaniement témoigne d’une nouvelle forme de gouvernance qui se veut plus discrète.
«Ce changement n’est pas du tout étonnant. Un gouvernement, c’est avant tout une équipe qui se compose d’éléments partageant la même vision et qui, à travers une lutte politique, arrive au pouvoir. Donc, il est parfaitement normal qu’il puisse mettre en œuvre cette vision dans tous les domaines», a-t-il soutenu.
Pour l’universitaire, cette gestion technocratique n’a pas pris en compte le caractère politique de ces ministères, soumis à d’intenses pressions de la part des responsables et militants de Pastef. « Ces nominations de profils plus marqués politiquement permettent un juste retour à des pratiques politiques plus courantes. Elles traduisent une volonté de reprise en main de ces deux secteurs clés pour le parti, qui est sous la pression des ex-détenus politiques réclamant toute la lumière sur les événements de mars 2021 et de juin 2024 », a-t-il indiqué, ajoutant que l’action des technocrates au sein des «ministères régaliens» a montré ses limites en provoquant une cassure entre la base militante de Pastef et l’élite dirigeante du parti.
Selon le Pr. Diaw, ce remaniement répond à une volonté d’impulser une nouvelle dynamique dans l’action gouvernementale, après dix-sept mois de gestion de la précédente équipe. « Ce remaniement témoigne d’une nouvelle forme de gouvernance qui se veut plus discrète. Après avoir fait le bilan et l’évacuation des insuffisances dans beaucoup de ministères, dont certains ont été restructurés pour plus de clarté et d’efficacité, les autorités ont jugé nécessaire de procéder à ce remaniement», a-t-il conclu.
