Face à la flambée des prix du pétrole provoquée par le conflit USA-Israël-Iran et les perturbations au détroit d’Ormuz, le Premier ministre Ousmane Sonko serre la vis. Dans une circulaire et plusieurs sorties publiques, il impose aux ministres « sobriété et discipline budgétaire » pour éviter que le choc externe n’aggrave la crise de la dette que traverse déjà le Sénégal.
Le déclencheur : Ormuz s’embrase, le baril s’envole
Depuis les frappes américano-israéliennes du 28 février 2026 contre l’Iran et la riposte de Téhéran, le trafic du détroit d’Ormuz est partiellement bloqué. Or 30 à 40% du pétrole mondial transite par ce couloir. Résultat : le Brent a bondi à près de 115 dollars, soit presque le double des 62 dollars inscrits dans les projections budgétaires du Sénégal. Ousmane Sonko l’a dit sans détour à Mbour : « Nous étions déjà en crise rien que la dette cachée dont nous avons hérité. Ce qui est venu s’y ajouter avec le contexte international n’est pas la crise, elle est l’aggravation de la crise ».
Première mesure : fin des voyages « non essentiels »
Le gouvernement suspend tous les déplacements à l’étranger jugés non essentiels pour les ministres et hauts fonctionnaires. « Aucun ministre de mon gouvernement ne quittera le pays, sauf pour une mission essentielle », a martelé Sonko, affirmant avoir lui-même annulé des déplacements au Niger, en Espagne et en France. L’objectif c’est de préserver un budget déjà sous pression par la dette et éviter une facture énergétique qui explose. Le Sénégal importe la quasi-totalité de ses produits pétroliers raffinés.
55 milliards d’économies sur le parapublic
Le plan s’accélère. Au Conseil des ministres, Sonko a annoncé la suppression de 19 entités du secteur parapublic et le repositionnement de 10 autres. Gain attendu : 55 milliards FCFA sur trois ans. Les 19 structures supprimées cumulaient 28,051 milliards FCFA de dotations en 2025 et 9,227 milliards de masse salariale pour 982 agents. « Nous exportons des matières premières. Nous importons des produits transformés. Nos budgets publics sont contraints par la dette », rappelait-il pour justifier la cure d’austérité.
Un dispositif de crise piloté par la Primature
Face aux risques de perturbations à Ormuz, un dispositif de pilotage de crise est mis en place sous supervision de la Primature pour « protéger les flux essentiels et prévenir la spéculation ». Le ministre de l’Énergie et des Mines doit s’adresser à la nation pour détailler les stratégies.
