Le dossier judiciaire dit « Pape Cheikh Diallo et Cie » franchit un nouveau cap. Après une vague d’interpellations menées par la Brigade de recherches de Keur Massar, le juge d’instruction du 1er cabinet de Pikine-Guédiawaye a placé sous mandat de dépôt cinq nouveaux mis en cause. Parmi eux : Chérif Aly Diatta, 2ᵉ adjoint au maire de Ouakam.
Mardi 14 avril 2026, les gendarmes ont interpellé Chérif Aly Diatta, adjoint au maire chargé des Arts, de la Culture, des Loisirs et du Patrimoine historique à Ouakam. Selon Seneweb, il s’agit de la 64ᵉ arrestation opérée dans le cadre de la délégation judiciaire du juge d’instruction. Les enquêteurs lui reprochent « des preuves concordantes » d’une relation amoureuse avec le chanteur Djiby Dramé et avec Ibrahima Magib Seck, deux noms déjà écroués dans le dossier.
En plus de l’élu de Ouakam, quatre autres personnes interpellées ces derniers jours ont été déférées et placées sous mandat de dépôt par le juge d’instruction. Leurs identités n’ont pas été officiellement communiquées, mais des sources judiciaires évoquent des profils « commerçant, tailleur, et deux influenceurs » arrêtés entre Keur Massar et Dakar. Tous sont poursuivis dans la même information judiciaire ouverte pour : association de malfaiteurs, actes contre nature,transmission volontaire du VIH/Sida par rapports sexuels non protégés, mise en danger de la vie d’autrui, blanchiment de capitaux, trafic de drogue, crime ajouté au dossier par le procureur Saliou Dicko après des découvertes de stupéfiants lors des perquisitions.
L’affaire a éclaté début février 2026 après le dépôt d’une plainte qui a conduit la BR de Keur Massar à démanteler ce que les enquêteurs appellent les « réseaux Woubis et Yoss ». Douze premiers suspects, dont l’animateur Pape Cheikh Diallo, l’artiste Djiby Dramé et le banquier Doudou Lamine Dieng, avaient déjà été écroués. Les tests de dépistage ordonnés par la justice avaient révélé 8 séropositifs sur 12.
Les investigations ont ensuite ciblé les ramifications. Chérif Aly Diatta serait tombé « dans la nasse » grâce aux données téléphoniques et aux auditions des personnes déjà en détention. La BR le soupçonne d’avoir entretenu des relations avec deux mis en cause centraux du dossier.
Le procureur Saliou Dicko a considérablement élargi les chefs d’inculpation. Au départ limité aux « actes contre nature » et à l’« association de malfaiteurs », le réquisitoire introductif vise désormais le blanchiment de capitaux et le trafic de drogue. Des perquisitions menées aux Maristes, à Nord Foire et aux Mamelles ont permis de saisir téléphones et lubrifiants. Les gendarmes affirment que plusieurs mis en cause « consommaient différentes variétés de drogue — y compris des drogues dures — lors de relations sexuelles ».
Au total, plus de 64 personnes ont été arrêtées depuis février. Douze sont en détention provisoire depuis le début, dont Pape Cheikh Diallo, Djiby Dramé, Doudou Lamine Dieng, Pape Salif Rall Thiam, Ibrahima Camara, Adama Diallo, Mansour Bassirou Baldé, Mamadou Gning, Sana Ba, Bachir Ka, Bekaye Faye et Bekaye Ndiaye. Avec Chérif Aly Diatta et les 4 nouveaux écroués, le nombre de détenus dépasse désormais la quinzaine.
Le juge d’instruction poursuit l’information judiciaire. Une délégation a été donnée à la BR de Keur Massar pour continuer les auditions et perquisitions. « D’autres arrestations ne sont pas exclues », confie une source judiciaire.
L’affaire « Pape Cheikh Diallo et Cie » reste l’un des dossiers criminels les plus médiatisés de 2026, mêlant accusations de mœurs, santé publique, drogue et blanchiment. La défense de plusieurs mis en cause, dont l’avocat de Pape Cheikh Diallo, conteste les charges et parle d’accusations « à tort ».
