Dans le village isolé de Bangolo, au Soudan du Sud, les femmes sont en première ligne face à l’insécurité chronique et au manque d’accès au soin, à l’éducation et aux services essentiels. Cette incertitude menace leur vie et leurs moyens de subsistance.
Plusieurs d’entre elles ont pu confier leurs inquiétudes à la police des Nations unies, lors d’une visite des agents dans le sud du pays lundi.
« Il y a beaucoup de maladies. Même quand nous allons au centre médical, il n’y a pas de médicaments », regrette Charity Fatna, une habitante de Bangolo.
La violence qui persiste au Soudan du Sud a poussé des familles à fuir et a contraint des enfants à abandonner l’école.
« Nos enfants ont besoin d’éducation », plaide Nora Joseph, une autre habitante. « Nos filles grandissent sans aller à l’école. Elles ne savent même pas écrire le nom de leurs parents. »
La police des Nations Unies affirme que les femmes comptent parmi les plus fervents défenseurs de la paix au sein de la communauté.
Cinq millions de femmes et de filles à travers le pays nécessitent de l’aide humanitaire, selon l’ONU.
« Dès qu’une femme participe aux négociations et s’engage à garantir la paix, les hommes l’écoutent et lui font confiance », affirme Simpasa Benny, conseiller en matière de police auprès des Nations unies.
L’ONU travaille avec les autorités sud-soudanaises pour mettre en œuvre des initiatives de maintien de la paix qui répondent aux besoins des femmes.
Mi-juillet, l’agence de l’ONU pour les migrations et l’UNESCO ont lancé un projet de trois ans visant à aider 6 000 jeunes femmes et jeunes hommes susceptibles d’être enrôlés pour commettre des violences.
Destinée aux États de Jonglei et de l’Équatoria-Occidental et à la région administrative spéciale de Pibor, cette campagne doit notamment fournir « un accompagnement psychosocial » aux bénéficiaires.
Le Soudan du Sud est marqué par des affrontements entre les forces gouvernementales du président Salva Kiir et les alliés du vice-président déchu Riek Machar.
