Dans un communiqué publié hier jeudi 3 octobre 2025, le Secrétariat Exécutif National de l’Alliance Pour la République monte au créneau contre la journaliste Ngoné Saliou Diop et réclame la libération de ce qu’il qualifie de « détenus politiques ».
Des propos « d’une gravité inouïe » contre l’ethnie Peulh
Le ton est donné dès l’entame de la déclaration. L’APR « dénonce et condamne les propos d’une extrême gravité » tenus par Ngoné Saliou Diop, journaliste de la chaîne Sans Limites.
Selon le parti de l’ancien président Macky Sall, la communicatrice aurait franchi une ligne rouge inacceptable.
« Exprimant une nouvelle fois sa haine persistante contre le Président Macky Sall, elle a tenu des propos graves, insultants et stigmatisants contre tous les Sénégalais d’ethnie peule », accuse le SEN dans un communiqué au vitriol.
L’APR qualifie Ngoné Saliou Diop de « propagandiste reconnue du Pastef » et affirme que ses « dérives intolérables répétées » constituent « une menace pour l’unité nationale et une porte ouverte à une éventuelle spirale ethniciste ».
Interpellation solennelle du Procureur de la République
Face à ce qu’il considère comme des propos ethnicistes graves, le parti de l’opposition interpelle solennellement le Procureur de la République. L’APR exige que le magistrat « s’autosaisisse avec la même célérité que vis-à-vis des membres de l’opposition » pour que Ngoné Saliou Diop réponde de « ces déclarations d’une gravité inouïe devant la Justice ».
Cette demande traduit la conviction du parti qu’il existe une justice à deux vitesses : sévère avec l’opposition, indulgente avec les soutiens du régime.
Une longue liste de « détenus politiques »
Le SEN dresse un inventaire détaillé de ce qu’il considère comme des persécutions judiciaires à l’encontre de ses responsables et de figures de l’opposition.
Les responsables APR en détention
L’APR exige la libération immédiate de trois de ses cadres actuellement incarcérés :
Farba Ngom
Lat Diop
Moustapha Diop
Les placements sous bracelet électronique
Le parti réclame la fin du placement sous surveillance électronique de :
Ismaïla Madior Fall (ancien ministre, constitutionnaliste)
Aïssatou Sophie Gladima (ancienne ministre)
Le contrôle judiciaire
L’APR demande également la levée du contrôle judiciaire imposé à Madame Salimata Diop.
Les arrestations récentes
Le SEN dénonce les interpellations « intempestives » de :
Pape Mahawa Diouf (porte-parole adjoint de l’APR)
Gaindé Macky (militant du parti)
Au-delà de l’APR : d’autres « détenus d’opinion »
L’APR élargit son combat en réclamant l’élargissement de plusieurs personnalités qu’il qualifie de « détenus d’opinion » :
Abdou Nguer
Badara Gadiaga
Gérôme Bandiaky
Abdou Karim Mbacké
Ibrahima Ba
Tahirou Sarr (homme d’affaires)
Le parti dénonce également le « rapt de l’épouse et des deux enfants du journaliste Madiambal Diagne », un dossier qui a défrayé la chronique.
La question de la loi d’amnistie
L’APR soulève une contradiction juridique majeure. Rappelant la loi n°2024-09 du 13 mars 2024, le parti affirme qu' »il ne saurait y avoir de poursuites sur des faits ayant fait l’objet d’une amnistie sans une abrogation pure et simple » de cette loi.
Le SEN dénonce une « justice à deux vitesses » : « Au moment où le Président de la République et le Premier ministre, prétextant l’amnistie pour obtenir un non-lieu auprès du juge d’instruction, il ne saurait être acceptable de diriger des enquêtes discriminatoires contre les Forces de Défense et de Sécurité ».
Cette position vise notamment les enquêtes annoncées sur les événements de 2021-2024, période marquée par de violentes manifestations et une répression sécuritaire contestée.
Un appel à la mobilisation générale
En conclusion, l’APR lance un appel à toute l’opposition à une grande mobilisation nationale pour lutter contre les dérives dictatoriales du pouvoir.
