L’ancien maire de Guédiawaye, Aliou Sall, et son épouse Aïssata Sall, ont été placés sous contrôle judiciaire, ce lundi, par le président du collège des juges d’instruction du pool judiciaire financier, après le versement d’un cautionnement de 240 millions de FCFA. Seneweb revient sur les derniers développements de l’affaire.
Selon nos informations, le réquisitoire introductif du procureur de la République financier date du 30 juin 2025. Il fait suite au rapport de la CENTIF (Cellule nationale de traitement des informations financières), qui a signalé des transactions suspectes à hauteur de 240 millions de FCFA.
Dans sa saisine du président du collège des juges d’instruction, le parquet financier a visé Aliou Sall, son épouse Aïssata Sall, ainsi qu’une personne non identifiée (X).
Le ministère public poursuit Aliou Sall pour association de malfaiteurs en vue de blanchiment, corruption, blanchiment de capitaux et trafic d’influence. Quant à son épouse Aïssata Sall, elle est poursuivie pour association de malfaiteurs et blanchiment de capitaux. Le préjudice financier estimé par le parquet s’élève à 562 millions de FCFA, montant correspondant, selon l’accusation, à la vente d’un terrain.
Le parquet s’oppose à la caution de 240 millions
Lorsque le président du collège des juges d’instruction a sollicité l’avis du parquet sur l’offre de cautionnement de 240 millions de FCFA déposée par la défense, le procureur financier s’y est fermement opposé. Il a soutenu que la consignation proposée ne couvrait pas la somme réelle du préjudice, qu’il estime à 562 millions de FCFA, et a ainsi requis le mandat de dépôt contre le couple Sall, invoquant l’absence de garanties de représentation, le risque de subornation de témoins, ainsi qu’un trouble à l’ordre public.
Aliou Sall conteste fermement les accusations
Devant le juge, Aliou Sall a nié en bloc les faits qui lui sont reprochés. Il a contesté le montant de 562 millions de FCFA, expliquant que les fonds évoqués proviennent d’opérations licites.
Selon ses déclarations, Léopold Ngom de la société Sertem lui aurait remis 150 millions de FCFA en espèces et 20 millions par virement, auxquels s’ajoutent 70 millions de FCFA prêtés par Seny Thiam soit un total de 240 millions, montant confirmé par le rapport de la CENTIF.
Toujours selon Aliou Sall, l’affaire découle d’une opération foncière concernant un terrain situé à proximité de l’Ambassade des États-Unis à Dakar, d’une superficie de 1 125 m². Il affirme que Amadou Loum Diagne, détenteur du bien, voulait vendre le terrain, mais que lui-même ne disposait pas des fonds nécessaires. Après avoir sollicité un prêt auprès de Coris Bank, la banque lui a accordé que 600 millions de FCFA.
Soutenant que le terrain ne vaut pas cette somme. C’est alors qu’il aurait sollicité Léopold Ngom, avec qui il aurait convenu d’un partage du financement à parts égales. Sertem aurait ainsi avancé 150 millions de FCFA, plus 20 millions supplémentaires pour amortir la dette. Cependant, ils sont confrontés à des difficultés pour l’obtention d’un permis de construire.
