Rentrez chez vous ! C’est ce que scandaient les manifestants. Ils étaient plusieurs milliers à défiler à travers l’Afrique du Sud. Le mot d’ordre : les étrangers doivent partir.
« Nous montrons notre solidarité avec tous les Sud-Africains qui font face à cet afflux de migrants illégaux. Et nous voulons attirer l’attention du président sur nos demandes. Nous manquons d’air dans notre propre pays. Il y a trop de criminalité, de drogues, de trafic d’êtres humains C’est pour cela qu’ils doivent partir. Habahambe. Ils doivent rentrer chez eux. Nous ne voulons pas de violence, mais cela dépendra d’eux », a dit cet habitant de Johannesburg.
Partout dans les cortèges, les mêmes accusations : « Les étrangers doivent partir, ils doivent rentrer dans leur pays. Après, ils peuvent revenir, s’ils ont les papiers nécessaires. Parce que la plupart des étrangers ont acheté leurs documents. Nous nous battons pour nos droits, dans notre pays. »
Plusieurs milliers de ressortissants africains ont demandé à être rapatriés. Ce mardi matin, devant le consulat du Mozambique à Johannesburg, des familles attendaient d’embarquer à bord de bus qui devaient les emmener vers un centre de transit en attendant d’être pris en charge par leur gouvernement.
« Ils disent que nous vivons ici illégalement, que nous devons partir. Mais ce n’est pas facile, nous sommes trop nombreux, vous voyez. Je pensais que j’étais juste un type normal, je vais au travail le matin, je rentre chez moi. Mais même où j’habite, l’attitude des voisins a changé. On me demande quand je vais partir. Alors je m’en vais, et ils verront ce qu’ils peuvent faire de leur pays », a declaré cette manifestate.
Les manifestations, encadrées par une forte présence policière, semblent pour l’instant s’être déroulées sans dérapages majeurs, mais alors que la nuit tombe, les craintes de violences demeurent.
