Cette première journée d’une mobilisation nationale s’inscrit dans un climat de fortes tensions xénophobes, marqué par des départs massifs de migrants et des épisodes de violences sporadiques.
Des milliers de manifestants sont descendus dans les rues en Afrique du Sud à l’occasion de la première journée d’une mobilisation nationale visant les étrangers en situation irrégulière.
Le mouvement s’inscrit dans une campagne structurée portée par des groupes citoyens, qui ont fixé un ultimatum au 30 juin enjoignant les sans-papiers de quitter le territoire, en dehors de tout cadre légal.
Les conséquences de la mobilisation se sont rapidement fait sentir : fermeture de nombreux commerces et baisse sensible du trafic routier dans plusieurs zones urbaines, traduisant un climat d’attente et de tension dans le pays.
Les revendications portent principalement sur l’emploi, le logement et l’accès aux services publics. Certains manifestants accusent les migrants en situation irrégulière de concurrencer les Sud-Africains sur le marché du travail, dans un pays où le chômage dépasse 32% et où la criminalité reste élevée.
Depuis plusieurs semaines, le mouvement s’accompagne de départs massifs : environ 25.000 ressortissants étrangers auraient quitté le pays, notamment vers le Malawi, le Zimbabwe, le Mozambique, le Nigeria ou encore le Ghana. Ces départs se font parfois dans l’urgence, via des bus affrétés ou des dispositifs de rapatriement organisés par les États d’origine.
Des violences sporadiques ont déjà été signalées, ayant causé la mort de quatre personnes — deux Mozambicains, un Éthiopien et un Malawite — ainsi que des pillages visant des commerces tenus par des étrangers.
Le phénomène s’inscrit dans un contexte politique tendu à l’approche des élections municipales du 4 novembre. Plusieurs formations, dont le parti uMkhonto we Sizwe Party et ActionSA, sont accusées par certains analystes de contribuer à une surenchère sur la question migratoire.
Dans plusieurs villes, des ressortissants étrangers restent regroupés dans des camps de fortune ou devant leurs consulats, dans l’attente de solutions de départ. Le Ghana et le Nigeria ont déjà organisé des vols de rapatriement pour leurs ressortissants, tandis que d’autres pays africains coordonnent des retours par voie terrestre.
Les organisations antimigrants, telles que « March and March », affirment rejeter toute violence mais dénoncent la présence de migrants en situation irrégulière, qu’elles accusent de peser sur les services publics et de contribuer à la criminalité. Dans la province du KwaZulu-Natal, déjà marquée par des violences meurtrières en 2021, les autorités appellent au calme et mettent en garde contre tout débordement xénophobe susceptible de raviver des tensions à grande échelle.
